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	<title>L (B) L O G</title>
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		<title>L (B) L O G</title>
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		<title>France-Irlande : double faute</title>
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		<pubDate>Fri, 20 Nov 2009 09:36:51 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Laurent Bouvet</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Ce qui s’est passé mercredi 17 novembre au Stade de France lors du match France-Irlande – alors même, autre fait d’importance au regard du débat sur « l’identité nationale », que des milliers de jeunes Français d’origine algérienne notamment célébraient sur les Champs-Elysées la victoire de l’Algérie en brandissant le drapeau de ce pays – est plus grave [...]<img alt="" border="0" src="http://stats.wordpress.com/b.gif?host=laurentbouvet.wordpress.com&blog=810499&post=1587&subd=laurentbouvet&ref=&feed=1" />]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<div class='snap_preview'><br /><p><a href="http://laurentbouvet.files.wordpress.com/2009/11/3015983569_cc4ded90cc_b.jpg"><img class="alignleft size-thumbnail wp-image-1588" title="3015983569_cc4ded90cc_b" src="http://laurentbouvet.files.wordpress.com/2009/11/3015983569_cc4ded90cc_b.jpg?w=163&#038;h=236" alt="" width="163" height="236" /></a>Ce qui s’est passé mercredi 17 novembre au Stade de France lors du match France-Irlande – alors même, autre fait d’importance au regard du débat sur « l’identité nationale », que des milliers de jeunes Français d’origine algérienne notamment célébraient sur les Champs-Elysées la victoire de l’Algérie en brandissant le drapeau de ce pays – est plus grave qu’il n’y paraît. Il s’agit d’autre chose que d’une nouvelle erreur d’arbitrage ou d’un énième aléa de la compétition sportive qui participe de sa glorieuse incertitude. Cet événement révèle, une fois de plus, les difficultés d’une partie de la société française – ici, en l’occurrence, certains sportifs de « haut niveau » (<em>sic</em>), certains responsables politiques et sportifs… – à respecter les règles élémentaires de la morale commune et de la décence ordinaire.<span id="more-1587"></span></p>
<p>La faute morale est de considérer comme juste un résultat (la qualification de la France pour la Coupe du monde) obtenu grâce à une tricherie, c’est-à-dire à une rupture de la règle commune suivant le principe douteux du « pas vu pas pris ». Il s’agit d’un comportement instrumental et à courte vue qui oriente l’action uniquement en fonction du but à atteindre. Et qui outre la question des moyens condamnables employés révèle aussi en général la faiblesse des fins : ici la qualification pour une compétition sportive !</p>
<p>Outre la place qu’occupe désormais le sport (certains sports plus que d’autres bien évidemment) comme activité (très) rémunératrice pour quelques grosses entreprises (notamment les médias audiovisuels) dans la société, on mesure une fois encore à cette occasion l’ampleur des dégâts causés par les enjeux financiers démesurés de tels événements sportifs. Ainsi la non qualification aurait-elle été catastrophique avant tout pour TF1 et les sponsors de l’Equipe de France. Les nombreux <em>supporters</em> français qui d’un côté critiquent cette économie du sport – le football étant le plus touché – et qui de l’autre se consolent dans la « victoire » de la piètre performance sportive et morale de leur équipe, devraient se poser sérieusement la question de leur contribution indirecte à la destruction de leur sport.</p>
<p>La « main » de Thierry Henry n’est pas seulement une faute sportive qu’il aurait dû lui-même dénoncer – mais sans doute son rapport à la morale sportive la plus élémentaire est-il inversement proportionnel à son salaire de joueur –, c’est aussi une nouvelle démonstration de la profondeur du malaise d’une société qui place tout en haut de sa hiérarchie sociale et symbolique les sportifs dit « de haut niveau » ou les <em>traders</em> par exemple. Ils sont, chacun dans leur domaine, les serviteurs consentants et bien rémunérés d’un système qui a perdu tout sens commun : incapable de se réguler par lui-même et laissé à son libre développement par les pouvoirs publics.</p>
<p>La faute morale se double alors d’une faute politique. Celle qui consiste, de la part des autorités politiques et sportives, à ne pas reconnaître qu’il y a eu tricherie et qu’il n’y a donc pas lieu de corriger les conséquences de celle-ci. C’est une faute lourde dans la mesure où l’exemple qui est donné par une telle attitude est dévastateur du point de vue éducatif. En validant explicitement l’acte qui a eu lieu par des discours du type « l’erreur d’arbitrage fait partie du jeu » ou « l’essentiel est que la France soit qualifiée », les responsables politiques et sportifs défont un peu plus encore le lien social. Ils minent le terrain des millions de parents, d’enseignants ou d’éducateurs sportifs qui tentent chaque jour d’apprendre aux enfants et aux adolescents les règles élémentaires de la vie sociale. Comme, par exemple, que le fameux « respect de l’autre » dont il est tant question passe d’abord par le respect de règles communes.</p>
<p>Ce relativisme moral qui inspire une grande part des comportements publics et privés, sur les terrains de football comme au plus haut niveau de l’Etat, se double d’un décalage croissant entre le discours tenu (le « respect », la règle, l’ordre…) et les comportements de ceux qui tiennent les mêmes discours. Ainsi, on ne s’étonnera sans doute plus de voir Thierry Henry, un modèle de réussite, participer à une campagne de publicité gouvernementale – entre deux campagnes commerciales évidemment… – sur le « respect » à destination des « jeunes de banlieues ». Et on ne se consolera qu’à moitié en se disant qu’une société n’a que les modèles de réussite qu’elle mérite.</p>
Posted in Politique  <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/gocomments/laurentbouvet.wordpress.com/1587/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/comments/laurentbouvet.wordpress.com/1587/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/godelicious/laurentbouvet.wordpress.com/1587/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/delicious/laurentbouvet.wordpress.com/1587/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/gostumble/laurentbouvet.wordpress.com/1587/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/stumble/laurentbouvet.wordpress.com/1587/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/godigg/laurentbouvet.wordpress.com/1587/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/digg/laurentbouvet.wordpress.com/1587/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/goreddit/laurentbouvet.wordpress.com/1587/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/reddit/laurentbouvet.wordpress.com/1587/" /></a> <img alt="" border="0" src="http://stats.wordpress.com/b.gif?host=laurentbouvet.wordpress.com&blog=810499&post=1587&subd=laurentbouvet&ref=&feed=1" /></div>]]></content:encoded>
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		<title>Ségolène Royal est free&#8230; elle a tout compris</title>
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		<pubDate>Mon, 16 Nov 2009 17:25:01 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Laurent Bouvet</dc:creator>
				<category><![CDATA[Gauche]]></category>
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		<description><![CDATA[Ségolène Royal a encore frappé. Ce qui s’est passé ce week-end à Dijon, lors du « rassemblement » organisé par Vincent Peillon et le courant « Espoir à gauche » du PS, est une nouvelle et éclatante démonstration du style Royal en politique. Pas un élément de la panoplie qui a rendu célèbre la présidente de la [...]<img alt="" border="0" src="http://stats.wordpress.com/b.gif?host=laurentbouvet.wordpress.com&blog=810499&post=1580&subd=laurentbouvet&ref=&feed=1" />]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<div class='snap_preview'><br /><p style="text-align:justify;"><a href="http://laurentbouvet.files.wordpress.com/2009/11/2970955697_9a508f88e1_b.jpg"><img class="alignleft size-thumbnail wp-image-1581" title="2970955697_9a508f88e1_b" src="http://laurentbouvet.files.wordpress.com/2009/11/2970955697_9a508f88e1_b.jpg?w=162&#038;h=126" alt="2970955697_9a508f88e1_b" width="162" height="126" /></a>Ségolène Royal a encore frappé. Ce qui s’est passé ce week-end à Dijon, lors du « <a href="http://www.le-rassemblement.fr/" target="_blank">rassemblement</a> » organisé par Vincent Peillon et le courant « Espoir à gauche » du PS, est une nouvelle et éclatante démonstration du style Royal en politique. Pas un élément de la panoplie qui a rendu célèbre la présidente de la région Poitou-Charentes  n&#8217;aura été oublié : coup médiatique, culot sans limites, indifférence au travail d’élaboration programmatique, imperméabilité à tout sens du ridicule, insensibilité à toute démarche qui ne procède pas d’elle… Un peu comme si l’on avait assisté en un week-end à un <em>best of</em> de l’ex-candidate à la présidentielle.</p>
<p style="text-align:justify;"><span id="more-1580"></span></p>
<p style="text-align:justify;">Celle-ci a en tout cas démontré, une fois de plus, et contre tous ceux<a href="http://laurentbouvet.wordpress.com/2009/09/22/lhypotheque-royal-nest-toujours-pas-levee/" target="_blank"> qui l’avaient un peu vite enterrée ces derniers temps</a>, qu’elle a visiblement mieux compris que quiconque au PS comment fonctionnait son époque : la médiatisation en guise de stratégie, la personnalisation en guise d’idées et l’égoïsme en guise de morale. Et qu’elle joue toujours, de ce point de vue, en première division, à côté d’un Sarkozy ou d’un Besancenot par exemple.</p>
<p style="text-align:justify;">Comment donc ne pas s’étonner de la réaction, même si on la comprend, de Vincent Peillon ? Non parce que ses arguments manqueraient de bon sens : Ségolène Royal n’était pas invitée à Dijon ; elle n’avait d’ailleurs pas annoncé sa venue ; elle est finalement arrivée au dernier moment et a monopolisé l’attention tout en se permettant de donner des leçons de fidélité à son ancien lieutenant ! N’en jetez plus. Mais celui-ci ne la connaît-il donc pas par cœur ? Il l’a soutenue avec beaucoup de conviction ces dernières années. A-t-il oublié la manière dont elle fonctionne et quels sont les défauts de celle qu’il fustige aujourd’hui ?</p>
<p style="text-align:justify;">Au-delà de cette séquence de <em>come back</em> orchestrée en vue des régionales – commencée quelques jours plus tôt par un autre « coup » avec l’annonce du lancement du « carnet contraception » dans sa région –, Ségolène Royal montre pourtant, à l’occasion de cet épisode dijonnais, une fois de plus la fragilité intrinsèque de son positionnement politique, et sans doute, aussi, les limites de sa personnalité.</p>
<p style="text-align:justify;">Si elle reste en effet l’une des meilleures « clientes » politiques des médias, sa crédibilité présidentielle est désormais fortement réduite. Ségolène Royal est incontestablement l’héroïne volontaire de la médiatisation dont elle fait l’objet mais, dans le même temps, elle est loin d’apparaître comme une possible présidente de la République, pour dire le moins, aux yeux des Français. Ce qui rend la situation présente tout à fait différente de celle de 2006 lorsqu’elle s’était appuyée sur son capital médiatique pour conquérir la candidature socialiste. Elle était à l’époque certes connue mais nul ne savait exactement ce qu’elle valait au fond. La campagne présidentielle et ses suites l’ont révélé. Si bien d’ailleurs que ce qu’a pu en dire, <em>horresco referens</em>, Eric Besson au moment de sa trahison en mars 2007, a depuis été repris en chœur par tous les socialistes ou presque, Vincent Peillon inclus désormais (1).</p>
<p style="text-align:justify;">Ségolène Royal est en effet, à la manière de Nicolas Sarkozy même si c’est dans un genre différent, dans le décalage constant entre sa parole, fortement médiatisée et diffusée, et ses actes.</p>
<p style="text-align:justify;">Il en fut ainsi à Dijon, une fois de plus. Elle qui proclame haut et fort, dès qu’elle le peut, son dégoût pour les intrigues partisanes, les jeux de pouvoir et les intérêts de courant au PS, la voilà qui prétend reprendre la main sur « son » courant après l’avoir abandonné à la suite de sa défaite au congrès de Reims en 2008. Elle qui en appelle sans cesse à un débat sur le fond, sur les « propositions », détaché des considérations de personne, la voilà qui écrase par sa seule présence médiatique le travail de longue haleine de militants et d’élus des différentes formations de gauche et du centre, sur un sujet qui pourtant devrait lui tenir particulièrement à cœur : l’école, et qui fustige publiquement celui qui fût l’un de ses principaux soutiens à Reims et qui a entrepris de reconstruire le courant dont elle a été la candidate. Elle qui clame sans cesse son désir d’ordre (juste) et de respect, la voilà qui s’affranchit de toute règle, même de la plus élémentaire politesse qui consiste à ne pas se rendre à une réunion à laquelle on n’a pas été invitée.</p>
<p style="text-align:justify;">Elle aurait tort de se priver puisqu’elle ne subit aucune sanction immédiate pour son attitude. C’est là une conséquence de plus de la présidentialisation à outrance de la vie politique française. Seule l’élection présidentielle compte, donc tout ce qui se déroule entre deux présidentielles – surtout depuis l’instauration du quinquennat, l’accélération du rythme d’usage des institutions par Sarkozy et désormais la perspective de primaires ouvertes et tardives au PS – ne compte plus que dans cette ultime perspective.</p>
<p style="text-align:justify;">Aussi la démarche de Vincent Peillon peut-elle être jugée, de ce point de vue, paradoxale. Ce qui explique aussi ce nouveau « coup » de Ségolène Royal. Comment prétendre en effet mener une démarche uniquement sur le fond – à la fois de travail programmatique et de rassemblement stratégique de la gauche et du centre – en repoussant à plus tard la problématique du <em>leadership </em>? En expliquant qu’elle se réglera à la fin du processus ? Alors même que la logique présidentielle débridée que l’on connaît aujourd’hui emporte tout sur son passage, et devrait conduire, logiquement, à ce que le candidat potentiel soit désigné en amont afin de pouvoir construire son projet et ses alliances suffisamment tôt. Il y a là une sorte de schizophrénie difficile à comprendre. D’ailleurs, à qui pourra bien profiter tout le travail réalisé dans ce « rassemblement » du PC au Modem qu’appelle de ses vœux Vincent Peillon, sinon à une Ségolène Royal ou un François Bayrou ?</p>
<p style="text-align:justify;">Ségolène Royal l’a bien compris ou du moins senti. Elle se contrefiche de toute démarche de long terme, de toute construction raisonnée et articulée politiquement autour d’un travail intellectuel ou stratégique sophistiqué. Que cette démarche, cette construction et ce travail soient l’œuvre de « son » courant, de ses amis ou de son parti, peu lui importe. Elle sait qu’elle sera de toute manière candidate coûte que coûte aux primaires ouvertes sur son seul nom et son seul capital médiatique. Elle sait aussi que si elle réussit, viendront alors à elle les uns et les autres, anciens et nouveaux <em>supporters</em>, attirés par les lumières des projecteurs et victimes consentantes d’une nouvelle illusion. Elle ne dit finalement pas autre chose quand elle explique qu’elle est toujours aimée et entourée par ses sympathisants ou plutôt son public, malgré les avanies et les abandons réguliers de ses fidèles.</p>
<p style="text-align:justify;">Pour le moment, elle a raison. Elle pourrait très bien être à nouveau désignée comme candidate lors des primaires compte tenu de la configuration que celles-ci sont en train de prendre au PS. Les problèmes, comme en 2007, ne commenceraient alors qu’après sa désignation. En pire encore, cette fois. Nul ne peut se réjouir d’une telle perspective, pas plus à gauche qu’au centre, et même sans doute dans une partie de la droite puisque cela rendrait plus aisée encore la réélection de Nicolas Sarkozy.</p>
<p style="text-align:justify;">&#8211;</p>
<p style="text-align:justify;"><strong>Notes</strong></p>
<p style="text-align:justify;">(1) « Elle joue de sa victimisation, elle instrumentalise le féminisme, les souffrances des femmes, et celles des exclus, pour asseoir son pouvoir (…) Seule sa propre gloire la motive. Elle use et abuse de démagogie. Elle prétend briser des tabous, mais elle ne fait qu’accompagner l’opinion dans ses pulsions majoritaires. Et quand elle rencontre une résistance, elle édulcore, se réfugie dans le flou, ne précise rien. (…) Rien ne peut être débattu, discuté, argumenté, puisque rien n’est clair. A l’arrivée, c’est l’arbitraire, des décisions incompréhensibles, l’opinion flattée, distraite, amusée (…) » (<em>Qui connaît Madame Royal ?</em>, Paris, Grasset, 2007, p. 10).</p>
Posted in Gauche, Parti socialiste, Politique  <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/gocomments/laurentbouvet.wordpress.com/1580/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/comments/laurentbouvet.wordpress.com/1580/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/godelicious/laurentbouvet.wordpress.com/1580/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/delicious/laurentbouvet.wordpress.com/1580/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/gostumble/laurentbouvet.wordpress.com/1580/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/stumble/laurentbouvet.wordpress.com/1580/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/godigg/laurentbouvet.wordpress.com/1580/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/digg/laurentbouvet.wordpress.com/1580/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/goreddit/laurentbouvet.wordpress.com/1580/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/reddit/laurentbouvet.wordpress.com/1580/" /></a> <img alt="" border="0" src="http://stats.wordpress.com/b.gif?host=laurentbouvet.wordpress.com&blog=810499&post=1580&subd=laurentbouvet&ref=&feed=1" /></div>]]></content:encoded>
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		<title>Quel débat sur l&#8217;identité nationale ?</title>
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		<pubDate>Thu, 12 Nov 2009 12:01:30 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Laurent Bouvet</dc:creator>
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		<category><![CDATA[Sarkozy]]></category>

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		<description><![CDATA[Entretien pour L&#8217;Hebdo des socialistes.
1) Que pensez-vous de la manière, tant sur la forme que sur le fond, dont Nicolas Sarkozy fait poser aujourd’hui le débat sur « l’identité nationale » ? Faut-il accepter les termes du débat ? Que nous apprend l’histoire de notre pays sur ce thème récurrent ?
La manière de poser le [...]<img alt="" border="0" src="http://stats.wordpress.com/b.gif?host=laurentbouvet.wordpress.com&blog=810499&post=1566&subd=laurentbouvet&ref=&feed=1" />]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<div class='snap_preview'><br /><p style="text-align:justify;"><strong><a href="http://laurentbouvet.files.wordpress.com/2009/11/4014189270_45f54d8a87.jpg"><img class="alignleft size-thumbnail wp-image-1567" title="4014189270_45f54d8a87" src="http://laurentbouvet.files.wordpress.com/2009/11/4014189270_45f54d8a87.jpg?w=145&#038;h=242" alt="4014189270_45f54d8a87" width="145" height="242" /></a>Entretien pour <em>L&#8217;Hebdo des socialistes</em>.</strong></p>
<p style="text-align:justify;"><strong>1) Que pensez-vous de la manière, tant sur la forme que sur le fond, dont Nicolas Sarkozy fait poser aujourd’hui le débat sur « l’identité nationale » ? Faut-il accepter les termes du débat ? Que nous apprend l’histoire de notre pays sur ce thème récurrent ?</strong></p>
<p style="text-align:justify;">La manière de poser le débat est typiquement sarkozyste. A la fois sur la forme : le débat est lancé à quelques mois d’un rendez-vous électoral, en partie pour faire diversion, en partie pour séduire un électorat supposément nationaliste ; et sur le fond : l’utilisation d’un terme, « identité nationale », très clivant dans l’histoire et l’espace politique français, afin de montrer combien lui, président de la République, est en rupture avec ses prédécesseurs qui ont tous été les garants de cette histoire et de cet espace.</p>
<p style="text-align:justify;">La position à adopter, tant pour les intellectuels que pour la gauche, et le PS en particulier, par rapport à ce débat s’articule en deux temps.</p>
<p style="text-align:justify;"><span id="more-1566"></span></p>
<p style="text-align:justify;">1/ Il faut bien insister sur le décalage entre la parole présidentielle de N. Sarkozy qui n’a que l’identité nationale à la bouche, et la réalité quotidienne de sa pratique du pouvoir. Il enterre en effet chaque jour des pans entiers de ce qui peut légitimement être considéré par tout un chacun, à gauche comme à droite, comme une identité politique et sociale commune, celle de la République : laïcité, universalisme, humanisme, droits et libertés, principe d’égalité (devant l’impôt notamment)…</p>
<p style="text-align:justify;">2/ Il faut accepter ce débat comme un combat politique parce que l’enjeu est d’importance. Certainement pas dans les formes et les termes proposés par le gouvernement (identité seulement « nationale », calendrier, organisation préfectorale…) mais en mobilisant largement les citoyens sur le sujet. Entrer dans la réflexion sur le projet de société que proposera le PS en 2012 par le truchement d’un questionnement sur l’identité et ses multiples implications ne peut pas faire de mal à la gauche. Ce pourrait être une manière de renouveler l’exercice de l’élaboration du projet qui s’est beaucoup fait ces dernières années à partir du simple alignement d’une série de mesures de politique économique.</p>
<p style="text-align:justify;">Sur ce que nous apprend l’histoire, je laisserai les historiens répondre en détail. Il me semble, simplement, que la principale leçon en la matière, c’est que l’on doit être prudent quand on manipule des matières aussi instables.</p>
<p style="text-align:justify;"><strong>2) Comment définiriez-vous aujourd’hui le sentiment national ? Est-il en crise comme on le prétend souvent ? </strong></p>
<p style="text-align:justify;">« Sentiment national » et « crise » me paraissent être des mots piégés. Il n’y a, à mon sens, pas plus « un » sentiment national que de « crise » de celui-ci. Il y a beaucoup de sentiments (et de ressentiments) vis-à-vis de la nation, de la France. Et la crise, en la matière, peut s’apparenter à une situation constante. Comme si les peuples avaient toujours le sentiment que « ça allait mieux avant », qu’il y avait plus d’adhésion à la nation, comme s’il y avait eu un âge d’or de l’appartenance nationale. Si tel est le cas, alors cet âge d’or a aussi été celui du nationalisme.</p>
<p style="text-align:justify;">Aujourd’hui la nation, comme bien d’autres identités collectives (familiales, sociales, culturelles, religieuses…), apparaît comme un refuge face à l’illisibilité du monde qui nous entoure, et des mutations profondes qui s’y déroulent. Est-ce que cela crée un sentiment commun au-delà d’une crainte diffuse et générale sur l’avenir de nos enfants, de la planète, etc. ? Je n’en suis pas sûr. Ce qui est sûr, c’est que jouer politiquement d’un tel « sentiment » pour s’assurer du pouvoir peut conduire à des résultats catastrophiques. Le XXe siècle l’a tragiquement démontré. La manipulation identitaire à des fins politiques n’est jamais de bon augure.</p>
<p style="text-align:justify;"><strong>3) Les socialistes, depuis le dix-neuvième siècle, ne pensent pas que le sentiment national puisse être séparé de la République, de ses valeurs et de ses acquis, en termes de droits, de libertés, de protection sociale. Comment définir, aujourd’hui, cette alliance ? Comment la perpétuer et l’approfondir ?</strong></p>
<p style="text-align:justify;">Là aussi, je laisse volontiers ce terrain aux historiens.</p>
<p style="text-align:justify;">Le seul constat politologique qui me semble possible ici est celui de la division profonde et parfois schizophrène, à gauche et au PS, entre une vision que l’on pourrait qualifier d’élégiaque de la République : celle d’un modèle idéal perdu (mythes de l’âge d’or de la IIIe République et du compromis social d’après-guerre) qu’il faut tout faire pour défendre voire pour tenter de le restituer ; et une vision déconstructionniste de la République : la République et la France d’avant, c’était l’ère de la domination machiste, hétérosexuelle, coloniale, familialiste, scolaire…, alors que nous serions désormais dans le temps de l’émancipation généralisée – celle qui passe notamment par la demande continuelle de davantage de droits individuels et de « liberté culturelle ».</p>
<p style="text-align:justify;">Tant que le PS notamment n’aura pas réussi à formuler une position claire, lisible et à laquelle il se tienne en la matière en interrogeant ces deux « logiques » antagonistes pour non pas les réconcilier ou privilégier l’une ou l’autre mais les dépasser dans un projet à la fois contemporain et constructif, il pourra difficilement proposer autre chose aux Français qu’une série de mesures  techniques sur tel ou tel aspect des politiques publiques.</p>
<p style="text-align:justify;">Ce qu’il faut retrouver, puisque l’on parle d’identité, c’est le sens de l’identité socialiste en France, c’est l’unité narrative d’un projet spécifique susceptible de rassembler des citoyens et non des morceaux d’électorats soit-disant préconstitués.</p>
<p style="text-align:justify;"><strong>4) Dans une France engagée dans la construction européenne, ouverte au monde, avec une population de plus en plus diversifiée, comment penser la diversité des appartenances et des expériences qui font une société ?</strong></p>
<p style="text-align:justify;">La diversité, culturelle et sociale, est une réalité dans toute société complexe – notamment dans les grandes sociétés multiculturelles contemporaines. C’est aussi incontestablement un atout démographique dans un monde ouvert et interdépendant tel que le nôtre. Elle ne doit cependant pas être érigée en objectif politique ou en principe directeur de l’action publique. Quand c’est le cas, on tombe vite dans sa réduction à quelques segments de la société française et dans les politiques caricaturales de représentation de la diversité dans les institutions ou les médias par exemple – à partir notamment de l’utilisation de catégories aussi discutables que celle de « minorités visibles ».</p>
<p style="text-align:justify;">Je citerai, comme clin d’œil, l’usage de la diversité ethnique telle qu’il était envisagé par l’un des premiers auteurs américains à avoir réfléchi à la question, au début du XXe siècle, au moment où l’on a commencé à parler du fameux melting pot aux Etats-Unis : « comme dans un orchestre, chaque type d’instrument a un timbre et une tonalité spécifiques, qui proviennent de sa composition et de sa forme, comme chacun possède son propre thème et sa mélodie dans l’ensemble de la symphonie ; en société, chaque groupe ethnique est un instrument naturel, son caractère et sa culture sont son thème et sa mélodie, et les harmonies, dissonances et désaccords entre eux forment la symphonie de la civilisation. » (Horace Kallen, Culture and Democracy in the United States : Studies in the Group Psychology of the American People, Boni &amp; Liveright, 1924, p. 124-125).</p>
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		<title>A la recherche du peuple perdu</title>
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		<pubDate>Thu, 22 Oct 2009 07:22:04 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Laurent Bouvet</dc:creator>
				<category><![CDATA[Gauche]]></category>
		<category><![CDATA[Parti socialiste]]></category>
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		<description><![CDATA[
Recension pour nonfiction.fr de l&#8217;ouvrage Recherche le peuple désespérément de Gaël Brustier &#38; Jean-Philippe Huelin, Bourin Editeur, 2009, 120 pages, 17 euros.
Dans un court mais substantiel essai, deux jeunes auteurs (l’un est docteur en science politique et l’autre professeur d’histoire-géographie) que l’on devine proches du Parti socialiste, partent à la recherche du peuple perdu. Perdu [...]<img alt="" border="0" src="http://stats.wordpress.com/b.gif?host=laurentbouvet.wordpress.com&blog=810499&post=1562&subd=laurentbouvet&ref=&feed=1" />]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<div class='snap_preview'><br /><p><a href="http://laurentbouvet.files.wordpress.com/2009/10/41qopkljtel-_sl500_aa240_.jpg"><img class="alignleft size-thumbnail wp-image-1563" title="41qopKljteL._SL500_AA240_" src="http://laurentbouvet.files.wordpress.com/2009/10/41qopkljtel-_sl500_aa240_.jpg?w=94&#038;h=150" alt="41qopKljteL._SL500_AA240_" width="94" height="150" /></a></p>
<p><strong>Recension pour <a href="http://www.nonfiction.fr/article-2865-a_la_recherche_du_peuple_perdu.htm" target="_blank">nonfiction.fr </a>de l&#8217;ouvrage <em>Recherche le peuple désespérément</em> de Gaël Brustier &amp; Jean-Philippe Huelin, Bourin Editeur, 2009, 120 pages, 17 euros.</strong></p>
<p>Dans un court mais substantiel essai, deux jeunes auteurs (l’un est docteur en science politique et l’autre professeur d’histoire-géographie) que l’on devine proches du Parti socialiste, partent à la recherche du peuple perdu. Perdu par la gauche.</p>
<p>Pour tenter de le retrouver, ils s’appuient avec précision et pertinence sur les principales enquêtes et thèses sociologiques de ces dernières années concernant l’évolution de la stratification sociale française (« déclassement », « descenseur social », « égalité des possibles », « désordres du travail », « condition ouvrière»…) (1) et rappellent, utilement, les résultats électoraux de la gauche dans les milieux populaires lors des derniers scrutins (2).</p>
<p><span id="more-1562"></span></p>
<p>Gaël Brustier et Jean-Philippe Huelin déploient leur argumentation en trois temps.</p>
<p>D’abord sous la forme d’un réquisitoire, désormais classique même s’il est toujours bienvenu, contre l’abandon par la gauche (toutes les familles politiques en prennent d’ailleurs pour leur grade à fort juste titre) des catégories populaires – principalement les « ouvriers » et les « employés » des CSP de l’INSEE. Les élites de gauche (comme de droite) non seulement ne pensent plus au peuple – il y a quelque chose de « laschien » dans la critique des deux auteurs (3) – mais elles finissent même par le détester. Les auteurs exposent ainsi la « prolophobie » (4) qui anime les représentants de ces élites politiques et médiatiques, éloignées géographiquement (le centre des villes, les voyages d’une capitale à l’autre…) et sociologiquement (« bobos », cadres supérieurs et professions libérales…) de leurs concitoyens (5). Ils se concentrent sur la protection de leurs intérêts et de ceux de leurs enfants et s’abritent des effets et des risques de la globalisation (6). Le tableau dressé de la situation et des préférences politiques des désormais fameux « bobos », ces habitants des centre-villes gentrifiés refusant d’abandonner une « sensibilité de gauche » souvent réduite au libéralisme culturel (celui des mœurs et des droits étendus) et au culte de la « diversité », et qui forment le cœur de l’électorat socialiste et vert depuis maintenant des années, est juste et savoureux. (7)</p>
<p>Deuxième temps de la démonstration : la mise en évidence, déjà beaucoup moins classique dans un essai politique, d’une « France invisible ». Identifiée ici à la périphérie lointaine des villes, à un au-delà de ces « banlieues » auxquelles la gauche a si souvent réduit son horizon social ces dernières décennies. Cette périphérie, c’est notamment celle des « petits-moyens » habitant dans les zones pavillonnaires (8) et de ces différentes catégories sociales éparpillées dans un espace rurbain ou rural. Ce sont eux, les oubliés du système et surtout de la gauche qui doit impérativement, comme le disent les auteurs, repenser la logique de « l’individualisme populaire » (9) à l’œuvre dans cette France-là. Ses habitants ne sont pas assez « exclus » pour être la cible des politiques mises en place par les gouvernements socialistes des années 1980-90 (politique de la ville, politique de lutte contre l’exclusion…) mais ils ne sont pas davantage considérés par les médias et les « décideurs » installés dans les centres urbains – là pourtant où ils travaillent en nombre.</p>
<p>Le biais géographique privilégié par les auteurs nous aide à mieux saisir une réalité sociale souvent occultée et parfois oubliée : ces habitants de la France d’au-delà (et non plus d’en-bas donc) souffrent, et dans un relatif silence politique, celui de l’abstention notamment. Plus intéressant encore, les auteurs nous montrent combien ils sont « divers » sans pour autant participer à la « diversité » partout affichée comme un bienfait en soi et une solution aux problèmes sociaux (10). C’est sans doute là un des points les plus suggestifs du livre : montrer combien la richesse de cette société reléguée en arrière-plan des paysages qui défilent à grande vitesse lorsque les <em>insiders</em> prennent le TGV ou l’avion, est représentative de la France telle qu’elle est et non telle qu’on la voudrait ou la souhaiterait dans les grandes rédactions parisiennes ou dans les QG des partis politiques.</p>
<p>Pour finir, les auteurs lancent quelques pistes qui peuvent permettre de sortir de la double situation d’enfermement des classes populaires et d’échec de la gauche au plan national. Ils prônent la mise en place d’une « coalition sociale majoritaire » autour d’un « projet républicain » pour enfin sortir de l’impasse politique, économique et sociale dans laquelle s’est enfoncé le pays (11). Cette dernière partie est malheureusement trop courte et la moins aboutie de l’ensemble, c’est dommage. Cela ne peut que rendre le lecteur encore plus impatient dans l’attente d’un « tome 2 » indispensable… avant 2012 !</p>
<p>&#8211;</p>
<p><strong>Notes</strong></p>
<p>(1) Ils citent notamment les travaux de C. Peugny, <em>Le Déclassement</em>, Paris, Grasset, 2009 ; P. Guibert et A. Mergier, <em>Le Descenseur social. Enquête sur les milieux populaires</em>, Paris, Fondation-Jean-Jaurès/Plon, 2006 ; E. Maurin, <em>L’Egalité des possibles. La nouvelle société française</em>, Paris, Le Seuil, 2002 ; L. Chauvel, <em>Les Classes moyennes à la dérive</em>, Paris, Le Seuil, 2006 ; P. Askénazy, <em>Les Désordres du travail</em>, Paris, Le Seuil,  2004 ; S. Beaud et M. Pialoux, <em>Retour sur la condition ouvrière. Enquête aux usines Peugeot de Sochaux-Montbéliard</em>, Paris, Fayard, 1999.</p>
<p>(2) p. 26-27.</p>
<p>(3) Voir notamment C. Lasch, <em>La Révolte des élites</em>, tr. fr., Castelnau-Le-Lez, Climats, 2000, qu’ils évoquent rapidement.</p>
<p>(4) Ils évoquent en particulier l’image de « Dupont-Lajoie », célèbre film d’Yves Boisset, voir p. 84 notamment.</p>
<p>(5) Voir le chapitre 2.</p>
<p>(6) Voir p. 14-15 notamment pour les écarts de revenus entre « gagnants et perdants de la globalisation ».</p>
<p>(7) p. 38-42.</p>
<p>(8) Voir en particulier l’enquête passionnante de M. Cartier, I. Coutant, O. Masclet et Y. Siblot, <em>La France des « petits-moyens ». Enquête sur la banlieue pavillonnaire</em>, Paris, La Découverte, 2008.</p>
<p>(9) p. 53-54.</p>
<p>(10) p. 78 et suivantes.</p>
<p>(11) Voir la conclusion, p. 89-92.</p>
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		<title>L&#8217;affaire Frédéric Mitterrand ou la difficile dialectique du populisme</title>
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		<pubDate>Mon, 12 Oct 2009 06:26:12 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Laurent Bouvet</dc:creator>
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		<description><![CDATA[« L’affaire Frédéric Mitterrand » ne se résume ni à un débat sur la moralité publique – un ministre peut-il le rester dès lors qu’il a raconté ouvertement avoir pratiqué le tourisme sexuel ? – ni même au bon coup politique qu’il y aurait à jouer contre un symbole clinquant de « l’ouverture » sarkozienne. Elle laisse, plus profondément, apparaître ce qui [...]<img alt="" border="0" src="http://stats.wordpress.com/b.gif?host=laurentbouvet.wordpress.com&blog=810499&post=1553&subd=laurentbouvet&ref=&feed=1" />]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<div class='snap_preview'><br /><p><a href="http://laurentbouvet.files.wordpress.com/2009/10/3942117905_bd3ab5d77f.jpg"><img class="alignleft size-thumbnail wp-image-1554" title="3942117905_bd3ab5d77f" src="http://laurentbouvet.files.wordpress.com/2009/10/3942117905_bd3ab5d77f.jpg?w=183&#038;h=120" alt="3942117905_bd3ab5d77f" width="183" height="120" /></a>« L’affaire Frédéric Mitterrand » ne se résume ni à un débat sur la moralité publique – un ministre peut-il le rester dès lors qu’il a raconté ouvertement avoir pratiqué le tourisme sexuel ? – ni même au bon coup politique qu’il y aurait à jouer contre un symbole clinquant de « l’ouverture » sarkozienne. Elle laisse, plus profondément, apparaître ce qui sera l’un des enjeux majeurs de l’élection de 2012 : l’usage, bon ou mauvais, du populisme à des fins électorales.</p>
<p><span id="more-1553"></span></p>
<p>Le fait que ce soit Marine Le Pen qui ait tiré la première sur l’ambulance mitterrandienne – Frédéric Mitterrand ayant inconsidérément ouvert la Boîte de Pandore à l’occasion de sa déclaration de soutien à Roman Polanski – est le meilleur signe que la campagne de 2012 est d’ores et déjà lancée quoi qu’en disent ses protagonistes possibles ou probables. Le tropisme populiste de la future candidate du Front national ne surprend pas. On y est habitué.</p>
<p>Que le porte-parole du Parti socialiste, Benoît Hamon, lui emboîte le pas est apparemment plus difficile à comprendre même si le ressentiment à l’égard du porteur d’un nom sacré du socialisme français est palpable au PS depuis sa nomination au ministère de la culture. Cette prise de position est plus difficile à comprendre surtout parce que la charge est personnelle et pas seulement politique, ce qui n’est <em>a priori</em> pas dans les habitudes de Benoît Hamon.</p>
<p>Pourtant, ces deux attaques ne sont pas de même nature. Sous l’apparence d’une chasse à l’homme, elles révèlent un rapport différent au populisme. Celui du Front national est classique : c’est la protestation d’un peuple imaginaire contre une élite corrompue et décadente. Celui dont les socialistes ont besoin pour espérer gagner à nouveau les élections nationales est d’un autre ordre : il s’agit de redonner au projet de la gauche de gouvernement un contenu populaire en ne laissant pas le libéralisme culturel (celui des mœurs et des « nouveaux » droits individuels) prendre systématiquement le pas.</p>
<p>Le populisme ne saurait en effet se résumer à sa définition péjorative même si c’est celle qui est utilisée en France. Il n’est pas seulement cette dérive politique dangereuse pour la démocratie. Il existe un populisme positif, celui considère le « peuple » comme la référence indispensable et ultime, en démocratie, et plus encore à gauche – la gauche sans le peuple, ce n’est pas la gauche. Le Parti socialiste, comme nombre de ses homologues européens, a ainsi perdu, ces dernières années, ce que l’on pourrait appeler le « sens » du peuple – à la fois sa direction et sa signification.</p>
<p>Or, c’est précisément ce « sens du peuple » que le PS (comme les écologistes d’ailleurs) devra retrouver pour espérer reconquérir le pouvoir d’Etat. Ce qui doit le conduire à un effort de dialectisation du populisme lui-même – c’est le sens qu’il faut donner à la « sortie » de Benoît Hamon contre Frédéric Mitterrand – même si l’usage politique du clivage élite/peuple est délicat. Il n’est plus désormais réductible à la lutte des classes comme ce fût longtemps le cas, et utilement, pour la gauche. Le fractionnement du salariat dans le capitalisme contemporain et la difficulté même de lire, tant du point de vue individuel que des institutions, ce que les marxistes appelaient les « situations de classe » ont rendu la mise en scène politique des antagonismes économiques et sociaux difficile alors même qu’ils continuent d’apparaître crûment. Le succès du discours sarkoziste sur la « valeur travail », par exemple, pendant la campagne présidentielle de 2007 a montré l’ampleur de la confusion qui règne aujourd’hui de ce point de vue.</p>
<p>C’est pourquoi tout le poids des oppositions sociales mises en jeu par le populisme porte sur les valeurs elles-mêmes, sur les déterminants anthropologiques et moraux du modèle de société. Or dans ce domaine, les frontières sont floues et la manipulation aisée.</p>
<p>Ainsi le libéralisme culturel revendiqué désormais par la gauche comme un élément incontournable de son socle de valeurs peut-il facilement être l’objet d’une condamnation au nom de ses dévoiements. C’est exactement ce qui se produit dans la mise en rapport implicite entre liberté sexuelle ou homosexualité d’une part et pédophilie de l’autre. On l’a vu au travers des accusations lancées récemment contre Daniel Cohn-Bendit par François Bayrou et aujourd’hui contre Frédéric Mitterrand par Marine Le Pen. Le registre de ces attaques est précisément celui du populisme : le peuple pur et vertueux ne peut ni ne doit se reconnaître dans les turpitudes inévitables d’une élite trop tolérante.</p>
<p>La gauche ne pourra faire l’économie d’un questionnement approfondi de son rapport aux valeurs « populaires » dans ce domaine des questions dites de société ; justement parce qu’elle a tout misé, depuis de nombreuses années, sur des formes d’émancipation essentiellement culturelles ou morales pour les individus – plus de droits et de libertés, plus de tolérance et de diversité – faute de projet économique et social.</p>
<p>On voit combien le PS et les Verts ont de chemin à parcourir en la matière ! Même si, l’épisode que l’on vient de vivre le démontre, l’ouverture sarkozienne, essentiellement pratiquée envers une « gauche » culturelle et élitiste assumée (la gauche « Carla Bruni »), risque de poser également de sérieux problèmes à une majorité ancrée à droite.</p>
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		<title>L&#8217;horreur universitaire selon Catherine Rollot, journaliste au Monde</title>
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		<pubDate>Tue, 06 Oct 2009 17:40:14 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Laurent Bouvet</dc:creator>
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		<category><![CDATA[autonomie]]></category>
		<category><![CDATA[journalisme]]></category>
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		<description><![CDATA[Si vous avez aimé les articles de Catherine Rollot, journaliste au Monde, sur le mouvement des universitaires au printemps 2009, vous allez adorer son retour à la plume en cette rentrée. Elle vient en effet de remettre l’ouvrage sur le métier en publiant dans son journal une « enquête » (sic) intitulée « les soutiers de l’université » (mardi [...]<img alt="" border="0" src="http://stats.wordpress.com/b.gif?host=laurentbouvet.wordpress.com&blog=810499&post=1550&subd=laurentbouvet&ref=&feed=1" />]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<div class='snap_preview'><br /><p><a href="http://laurentbouvet.files.wordpress.com/2009/10/3434715528_fa884755ee_o.jpg"><img class="alignleft size-thumbnail wp-image-1551" title="3434715528_fa884755ee_o" src="http://laurentbouvet.files.wordpress.com/2009/10/3434715528_fa884755ee_o.jpg?w=168&#038;h=95" alt="3434715528_fa884755ee_o" width="168" height="95" /></a>Si vous avez aimé les <a href="http://bouillaud.wordpress.com/2009/01/28/la-grogne-monte-dans-les-universites-c-rollot/" target="_blank">articles de Catherine Rollot</a>, journaliste au <em>Monde</em>, sur le mouvement des universitaires au printemps 2009, vous allez adorer son retour à la plume en cette rentrée. Elle vient en effet de remettre l’ouvrage sur le métier en publiant dans son journal une « enquête » (sic) intitulée « les soutiers de l’université » (mardi 6 octobre 2009, p. 17). Le sujet ? Les « précaires » de l’enseignement supérieur, ces vacataires, attachés temporaires d’enseignement et de recherche (ATER), CDD et autres « non titulaires » qui peuplent les universités françaises. Le sujet est d’importance et la situation de nombre de ces « précaires » particulièrement difficile.<span id="more-1550"></span></p>
<p><strong>Lire la suite de cet article <a href="http://blog.educpros.fr/laurentbouvet/2009/10/06/lhorreur-universitaire-selon-catherine-rollot-journaliste-au-monde/" target="_blank">ici</a> sur mon blog consacré à l&#8217;université.</strong></p>
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		<title>Le projet social-démocrate est historiquement achevé</title>
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		<pubDate>Wed, 30 Sep 2009 20:19:26 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Laurent Bouvet</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Dans un chat sur LeMonde.fr, mardi 29 septembre, Laurent Bouvet, professeur de science politique à l&#8217;université de Nice, revient sur la crise de la sociale-démocratie en Europe. Tiraillée entre la gauche et le centre, la sociale-démocratie peut utiliser la carte du Parti socialiste européen pour sortir de sa crise structurelle, estime-t-il.

Lucas : Est-ce que la [...]<img alt="" border="0" src="http://stats.wordpress.com/b.gif?host=laurentbouvet.wordpress.com&blog=810499&post=1545&subd=laurentbouvet&ref=&feed=1" />]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<div class='snap_preview'><br /><p><a href="http://laurentbouvet.files.wordpress.com/2009/09/3902342858_effddb6f8f.jpg"><img class="alignleft size-thumbnail wp-image-1546" title="3902342858_effddb6f8f" src="http://laurentbouvet.files.wordpress.com/2009/09/3902342858_effddb6f8f.jpg?w=100&#038;h=141" alt="3902342858_effddb6f8f" width="100" height="141" /></a>Dans un <em>chat</em> sur LeMonde.fr, mardi 29 septembre, Laurent Bouvet, professeur de science politique à l&#8217;université de Nice, revient sur la crise de la sociale-démocratie en Europe. Tiraillée entre la gauche et le centre, la sociale-démocratie peut utiliser la carte du Parti socialiste européen pour sortir de sa crise structurelle, estime-t-il.</p>
<p><span id="more-1545"></span></p>
<p><strong>Lucas</strong> : Est-ce que la défaite des partis de gauche vient du fait qu&#8217;ils ne considèrent pas la mondialisation comme une chance de moderniser le système mais comme un ennemi des acquis sociaux ?</p>
<p><strong>Laurent Bouvet </strong>: Oui et non. Oui parce qu&#8217;ils n&#8217;ont pas pris en compte totalement les chances qu&#8217;offrait la mondialisation, en particulier aux pays du Sud, pour lesquels la mondialisation a permis de sortir du sous-développement. Non parce qu&#8217;il y a eu aussi de la part des partis de la gauche de gouvernement une adaptation à la mondialisation qu&#8217;on leur a beaucoup reprochée. Il est difficile de leur reprocher à la fois cette adaptation et de leur dire qu&#8217;ils ne se sont pas assez adaptés.</p>
<p><strong>David_Miodownick</strong> : De quelle crise de la social-démocratie parle-t-on ?</p>
<p><strong>Laurent Bouvet </strong>: La crise de la social-démocratie est une triple crise. La social-démocratie est en crise parce que, d&#8217;une certaine manière, elle a réalisé son projet historique, c&#8217;est-à-dire la mise en place de l&#8217;Etat-providence et d&#8217;une forme d&#8217;économie sociale de marché dans tous les pays où elle a exercé le pouvoir. Son programme est achevé historiquement. Elle a aussi réussi en ce qu&#8217;elle a survécu au communisme, qui était l&#8217;autre grande voie vers la réalisation du socialisme. Donc la social-démocratie ou le socialisme démocratique est le vainqueur du combat historique engagé après la Révolution de 1917 contre la version révolutionnaire du socialisme. Mais là aussi, la perte de cet ennemi intime a conduit la social-démocratie à se retrouver seule face au capitalisme et au libéralisme. Et la troisième crise de la social-démocratie, c&#8217;est qu&#8217;elle a échoué face au libéralisme et au capitalisme, soit parce qu&#8217;elle n&#8217;a pas su leur résister, soit parce qu&#8217;elle en a délibérément épousé les contours. C&#8217;est ce qu&#8217;on appelle le social-libéralisme. Donc la crise est profonde, elle n&#8217;est pas simplement conjoncturelle.</p>
<p><strong>Jasmin </strong>: La gauche fonctionne un peu comme la tectonique des plaques : une partie (celle qui n&#8217;est qu&#8217;un gentil accompagnateur du libéralisme) se fond dans la droite et une autre partie resurgit à gauche. Si cette vue est juste, combien de temps, à votre avis, peut prendre l&#8217;arrivée d&#8217;une gauche à gauche ?</p>
<p><strong>Laurent Bouvet</strong> : La gauche à gauche ou gauche de la gauche existe d&#8217;ores et déjà. Et elle a existé historiquement sous diverses formes. La question de la séparation de la gauche de gouvernement entre deux branches, une qui serait convertie au social-libéralisme et l&#8217;autre qui rejoindrait la gauche de la gauche, est un scénario tout à fait improbable. En effet, il continue d&#8217;y avoir de la place pour une gauche de gouvernement à gauche, qui s&#8217;oppose à une droite qui a elle-même durci son discours, notamment sur les questions de sécurité, même si cette droite a réussi à capter une partie des thématiques de la gauche du point de vue économique et social. Cette captation n&#8217;est qu&#8217;une stratégie de court terme, comme le montre aujourd&#8217;hui l&#8217;évolution des gouvernements de droite conservatrice en Europe, en France, et sans doute bientôt en Allemagne. La gauche de gouvernement a donc toujours un espace, à la condition qu&#8217;elle sache le reconstruire du point de vue du projet.</p>
<p><strong>Damien</strong> : Die Linke en Allemagne et le Front de gauche-PCF-NPA en France, même combat ?</p>
<p><strong>Laurent Bouvet</strong> : Oui, c&#8217;est au moins le désir des dirigeants du Front de gauche en France, notamment Jean-Luc Mélenchon. Sans doute aussi d&#8217;une partie des communistes français. Il n&#8217;est pas totalement sûr que ce soit la volonté du NPA, notamment d&#8217;Olivier Besancenot. Sur le fond, la situation française à la gauche de la gauche est beaucoup plus compliquée et diverse qu&#8217;en Allemagne, à la fois parce qu&#8217;il n&#8217;y a pas un leader comme peut l&#8217;être Oskar Lafontaine et parce que les composantes qu&#8217;il faudrait réunir pour former une sortie de Die Linke à la française sont issues de traditions très différentes : communistes, socialistes, trotskistes. Des traditions qui, de surcroît, ne peuvent continuer d&#8217;exister dans le système français qu&#8217;à la condition de présenter un candidat à l&#8217;élection présidentielle. Donc ces trois forces peuvent s&#8217;unir pour des élections locales, mais pas pour une élection majeure.</p>
<p><strong>Joe</strong> : La droite est majoritaire en France, en Allemagne, en Italie. La gauche est mal engagée en Espagne et en Grande-Bretagne. La gauche sauve les meubles au Portugal et peut espérer revenir au pouvoir en Grèce. N&#8217;avez-vous pas l&#8217;impression que plus le pays est grand, plus la social-démocratie perd du terrain au profit de la droite ? Et plus le pays est petit, plus la gauche crée des bastions ? Des grands pays au centre du jeu mais à droite et des petits pays à la périphérie mais à gauche, un peu comme le pouvoir national à droite et les collectivités locales à gauche en France… ?</p>
<p><strong>Laurent Bouvet </strong>: Pour confirmer votre vision du jeu politique européen, il faudra attendre de voir se vérifier ces tendances. Pour le moment, quelle que soit la taille du pays, la gauche de gouvernement ou social-démocratie perd du terrain, comme on l&#8217;a vu ce week-end en Allemagne et au Portugal. La présence au gouvernement peut masquer pendant un temps la perte de terrain dans l&#8217;opinion. Mais ce n&#8217;est qu&#8217;un délai supplémentaire accordé à des partis qui n&#8217;ont plus de réel potentiel électoral. On le voit aujourd&#8217;hui en particulier avec le Labour au Royaume-Uni. Au niveau européen, la droite domine parce qu&#8217;elle a su capter une partie importante du vote populaire. Elle a su le faire en &#8220;triangulant&#8221; les valeurs de la gauche : le travail, le modèle social familial, la nation, l&#8217;identité nationale… La reconquête pour les gauches européennes passe par la reconquête des couches populaires. A la fois sur le programme économique et social (quelle sortie de crise ?) et sur les valeurs, les mêmes que celles que la droite a réussi à capter. On peut appliquer peu ou prou ce raisonnement à l&#8217;ensemble des pays européens, comme au niveau de l&#8217;Union européenne elle-même. Quelle que soit la taille du pays.</p>
<p><strong>David_Miodownick</strong> : Que pensez-vous du nihilisme de BHL, &#8220;pour battre la droite, il faut tuer la gauche&#8221; ? Une gauche droitisée, c&#8217;est peu ou prou, l&#8217;expérience du New Labour en Grande Bretagne : considérez-vous cette expérience, pour ne pas dire cette &#8220;greffe&#8221;, comme probante ?</p>
<p><strong>Laurent Bouvet</strong> : Concernant BHL, je ne pense rien de son analyse politique. Il n&#8217;y a rien à en penser. L&#8217;expérience du New Labour en Grande-Bretagne a été contrastée. C&#8217;est à la fois une tentative de réunification, dans le contexte anglais, du socialisme et du libéralisme, avec des conséquences d&#8217;adaptation au modèle économique libéral (marché du travail…). Mais c&#8217;est aussi un investissement important dans les services publics (les hôpitaux, les écoles, les universités…), qui avaient été abandonnés par le gouvernement de droite pendant près de vingt ans. Il faut donc observer l&#8217;expérience blairiste avec soin et ne pas se laisser aveugler par la personnalité de Tony Blair, notamment par le Blair qui a suivi George W. Bush dans l&#8217;aventure irakienne.</p>
<p><strong>David_Miodownick </strong>: Peut-on concilier régime démocratique, société décente et capitalisme avancé ?</p>
<p><strong>Laurent Bouvet</strong> : Tout dépend de ce que l&#8217;on appelle &#8220;capitalisme avancé&#8221;. Régime démocratique et société décente vont bien ensemble. Mais si l&#8217;on veut concilier également ces deux termes avec le capitalisme, il faut que celui-ci soit très fortement encadré, régulé et ne soit pas un simple capitalisme de l&#8217;actionnaire, mais un capitalisme de &#8220;partenaires&#8221; (tous les acteurs de la vie économique et sociale).</p>
<p><strong>Salengro</strong> : Après la défaite du SPD en Allemagne, la social-démocratie agonise… Comment voyez-vous la renaissance si renaissance il y a ? Par le Parti socialiste européen plus intégré et dépassant le seuil national des partis ? Par un mariage avec la gauche du PS ? Par le phénomène des coalitions du rouge à l&#8217;orange comme alternative à la droite ? Cela peut marcher un temps mais est-ce que cela peut suffire à structurer un projet global ?</p>
<p><strong>Laurent Bouvet</strong> : La social-démocratie classique (projet historique, modèle économique et social, voie démocratique vers le socialisme) agonise, en effet. Elle est aujourd&#8217;hui dépassée. Mais cela ne veut pas dire qu&#8217;il n&#8217;y a pas de place pour une gauche de gouvernement responsable et opposée à un modèle de droite conservatrice. Sur le plan politique, les deux choix fondamentaux qui se présentent à cette &#8220;nouvelle&#8221; social-démocratie sont : l&#8217;alliance à gauche ou l&#8217;alliance au centre. L&#8217;alliance à gauche sur le modèle allemand Die Linke risque d&#8217;être un peu juste électoralement, mais l&#8217;alliance au centre risque d&#8217;être difficile à mettre en place sans perdre une partie de l&#8217;électorat de gauche classique, qui reste attaché à la social-démocratie. C&#8217;est donc entre deux difficultés que les sociaux-démocrates devront choisir. Ils devront le faire au niveau européen, ensemble, car c&#8217;est la seule possibilité de trouver une issue à la crise actuelle. En l&#8217;état, le PSE n&#8217;est pas en mesure d&#8217;incarner cette social-démocratie nouvelle tant il reste traversé par des logiques nationales. On l&#8217;a vu encore à l&#8217;occasion de la réélection de Barroso à la tête de la Commission européenne. Elle s&#8217;est faite avec une partie des voix socialistes au Parlement européen. La possibilité de dépasser les contradictions nationales et de contrecarrer le risque d&#8217;une division entre aile gauche et aile droite de la social-démocratie tient sans doute à la fois à l&#8217;élaboration d&#8217;un projet de reconquête des couches populaires et à une conversion réelle et profonde au défi écologique.</p>
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		<title>L&#8217;hypothèque Royal n&#8217;est (toujours) pas levée</title>
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		<pubDate>Tue, 22 Sep 2009 17:52:25 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Laurent Bouvet</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Ségolène Royal vient de vivre une semaine politique difficile, une de plus. Alors qu’elle avait réussi une rentrée fracassante en lançant la fronde contre la taxe carbone, elle semble avoir moins bien choisi son terrain lorsqu’elle a saisi au bond la balle lancée par les journalistes d’Europe 1, Antonin André et Karim Rissouli, auteurs de [...]<img alt="" border="0" src="http://stats.wordpress.com/b.gif?host=laurentbouvet.wordpress.com&blog=810499&post=1527&subd=laurentbouvet&ref=&feed=1" />]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<div class='snap_preview'><br /><p><a href="http://laurentbouvet.files.wordpress.com/2009/09/440922515_ce0a71cc7d.jpg"><img class="alignleft size-thumbnail wp-image-1528" title="440922515_ce0a71cc7d" src="http://laurentbouvet.files.wordpress.com/2009/09/440922515_ce0a71cc7d.jpg?w=113&#038;h=150" alt="440922515_ce0a71cc7d" width="113" height="150" /></a>Ségolène Royal vient de vivre une semaine politique difficile, une de plus. Alors qu’elle avait réussi une rentrée fracassante en lançant la fronde contre la taxe carbone, elle semble avoir moins bien choisi son terrain lorsqu’elle a saisi au bond la balle lancée par les journalistes d’Europe 1, Antonin André et Karim Rissouli, auteurs de <em>Hold-uPS, arnaques et trahisons</em> (Editions du Moment). Elle a déclenché un tir de barrage dans son parti comme on en avait pas vu contre elle depuis le calamiteux congrès de Reims en novembre 2008. En effet, personne au PS, y compris parmi ses soutiens d’alors, n’a envie de voir porter devant la justice les arrangements internes avec la démocratie qui sont d’usage dans ce parti depuis des lustres.</p>
<p><span id="more-1527"></span>Deuxième épisode de cette <em>septimana horribilis</em>, le lancement totalement raté de la nouvelle version de son site Internet. Non seulement ce nouveau site ressemble à un modèle <em>vintage</em> des années 1990, autant dire un siècle à l’échelle d’internet, mais en plus il a mal fonctionné pendant plusieurs jours après son lancement officiel. Cerise sur le gâteau, le site aurait été « conçu » par le nouveau compagnon de Ségolène Royal et la facture (de plus de 40 000 euros) envoyée à Pierre Bergé, son mécène officiel, qui aurait refusé de la payer. Un fiasco technique et médiatique pour celle qui passait, depuis sa campagne <em>high tech</em> de 2007, pour une véritable Madone 2.0 auprès des ravis de la crèche numérique. La rupture semble aujourd’hui consommée puisqu’elle a même évoqué un « puissant <em>lobby</em> Internet » pour dénoncer les critiques qui lui ont été adressées sur le sujet.</p>
<p>Enfin, la presse nous apprenait la même semaine que Ségolène Royal était lâchée de toutes parts, y compris par les plus fidèles de ses amis politiques. La « Fête de la Fraternité » qu’elle organisait à Montpellier le week-end du 19-20 septembre a d’ailleurs fourni aux observateurs un témoignage probant de ce nouvel isolement puisque seul un dernier carré de grognards des campagnes passées entourait l’ancienne candidate au milieu de 3000 <em>supporters</em> enthousiastes.</p>
<p>Bref, à écouter les commentaires médiatiques, Ségolène Royal semble avoir perdu en même temps que son combat dans le parti, son avance technologique et ses derniers soutiens de poids. L’hypothèque Royal qui pèse sur le PS depuis 2006 serait donc en voie d’être levée.</p>
<p>Il y a pourtant une autre lecture de la « séquence » médiatique intense que vient de vivre celle qui en est, rappelons-le, une grande habituée. Ségolène Royal vient en effet de passer plus d’une semaine à la « une » des médias : reportages, entretiens, brèves, gros titres, buzz sur internet… Elle y a été plus présente qu’aucun autre responsable politique pendant la même période, à l’exception sans doute de Nicolas Sarkozy. Or cette présence médiatique pourrait bien ne pas nuire à Ségolène Royal, au contraire.</p>
<p>Voilà en effet une « séquence » assez conforme à l’utilisation des médias telle que l’a toujours pratiquée Ségolène Royal. Les conditions de son succès en la matière sont réunies une fois de plus. Qu’il s’agisse de son attaque en piqué contre le PS, du ratage de son site internet ou du lâchage de certains de ses proches, elle est apparue toute la semaine à la fois comme une victime et une combattante, seule contre tous, mêlant sans vergogne vie publique et vie privée dans sa stratégie – on relèvera ainsi la place toujours centrale de son « compagnon » dans le jeu quelle que soit l’identité de celui-ci. Il s’agit d’une triple posture qu’elle a déjà beaucoup pratiquée et qui lui a plutôt réussi – jusqu’à un certain point du moins puisqu’elle n’a pu, pour le moment, ni être élue présidente de la République ni même désignée à la tête de son parti.</p>
<p>Que restera-t-il de la polémique sur les fraudes au PS, même si l’on considère qu’elle l’a instrumentalisée à son profit puisque chacun, y compris elle, savait très bien à quoi s’en tenir depuis le congrès de Reims et qu’il n’y a aucune « révélation » dans le livre des deux journalistes ? Sinon qu’un appareil partisan a choisi de sauvegarder à tout prix la paix armée en son sein entre grandes fédérations et grands barons – ceux qui s’arrangent si facilement et depuis si longtemps avec les règles de démocratie interne. Compte tenu de la faible considération pour les partis politiques en général et pour le PS en particulier dans l’opinion publique, il n’est pas tout à fait sûr que Ségolène Royal, largement condamnée pour son attitude dans cette affaire par les militants et les élus socialistes, n’ait au final marqué des points dès que l’on sort de la rue de Solferino.</p>
<p>L’affaire du site Internet, outre le ridicule de la situation – qui, là encore, est loin d’être une première pour Ségolène Royal ! –, a intéressé une communauté certes bruyante et prompte à dénoncer la rupture avec ses propres codes sociaux. Mais ces gardiens du temple numérique qui décident mode après mode des canons de la modernité technologique et « font » la tendance, en influençant visiblement beaucoup les journalistes, ne pèsent au final pas très lourd politiquement. Le ratage en ligne de Ségolène Royal n’aura fait rire et, au-delà, désolé que ceux qui s’étaient convaincus de sa supposée modernité en la matière en 2006-2007.</p>
<p>Le constat est le même concernant les défections en chaîne que connaît l’ancienne candidate à la présidentielle. Celles et ceux qui l’ont abandonnée, y compris lorsqu’ils ont profité de son ombre présidentielle pour avancer rapidement dans la carrière, reviendront aussi vite qu’ils se sont éloignés dès lors qu’elle sera à nouveau en situation de perturber le jeu socialiste des candidatures grâce à sa capacité de débordement médiatique. Son discours de Montpellier a d’ailleurs été sans ambiguïté : le débordement du PS est devenu sa stratégie officielle. Des semaines comme celle qu’elle vient de passer poussent Ségolène Royal dans cette direction. Sans même parler de l’opinion publique ou des sympathisants socialistes qui pourraient être appelés à se prononcer lors de primaires sur la désignation de leur champion pour 2012, les élus et leurs affidés, ce cœur battant du PS d’aujourd’hui, ceux-là mêmes qui l’avaient soutenue en masse en 2006 lors des primaires internes du PS et qui étaient encore nombreux derrière elle en 2008 dans le combat pour la direction du parti, seront à nouveau en quête d’une personnalité, médiatique, qui dépasse largement le PS, en 2011.</p>
<p>Ségolène Royal n’a bien évidemment pas renoncé à son ambition présidentielle. Seule une défaite, improbable, aux élections régionales de 2010 pourrait l’arrêter dans sa course. Mais qu’on ne se méprenne pas ici sur le sens de notre propos : si l’ambition présidentielle, sous cette forme tenace notamment, est une condition indispensable pour devenir président de la République, elle n’est pas une condition suffisante. Pour réussir en 2012, Ségolène Royal devra, notamment, montrer bien d’autres qualités que celles que l’on a brièvement rappelées ici. Elle devra évidemment mieux utiliser les ressources partisanes qu’elle néglige si consciencieusement. Elle devra surtout proposer aux Français un projet de société qui aille au-delà de sa personne et d’une histoire sans cesse sur-jouée de Jeanne-d’Arc de l’âge post-moderne. La consistance politique est une denrée plus rare que l’habileté médiatique mais sans doute aussi une meilleure arme pour gagner l’élection suprême, surtout par gros temps.</p>
<p><strong>&#8211;</strong></p>
<p><strong>Une version légèrement modifiée de cet article est disponible sur le site TELOS sous le titre <a href="http://www.telos-eu.com/fr/article/comment_royal_a_perdu_son_avance_technologique" target="_blank">&#8220;Comment Royal a perdu son avance technologique&#8221;</a>.</strong></p>
<p><strong>&#8211;<br />
</strong></p>
<p><strong>Téléchargez <a href="http://laurentbouvet.files.wordpress.com/2009/09/hypothequeroyal0909.pdf" target="_blank">ici</a> l&#8217;article original.</strong></p>
<p>&#8211;</p>
<p><strong><br />
</strong></p>
Posted in Gauche, Parti socialiste, Politique  <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/gocomments/laurentbouvet.wordpress.com/1527/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/comments/laurentbouvet.wordpress.com/1527/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/godelicious/laurentbouvet.wordpress.com/1527/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/delicious/laurentbouvet.wordpress.com/1527/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/gostumble/laurentbouvet.wordpress.com/1527/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/stumble/laurentbouvet.wordpress.com/1527/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/godigg/laurentbouvet.wordpress.com/1527/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/digg/laurentbouvet.wordpress.com/1527/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/goreddit/laurentbouvet.wordpress.com/1527/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/reddit/laurentbouvet.wordpress.com/1527/" /></a> <img alt="" border="0" src="http://stats.wordpress.com/b.gif?host=laurentbouvet.wordpress.com&blog=810499&post=1527&subd=laurentbouvet&ref=&feed=1" /></div>]]></content:encoded>
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		<title>Réforme de l&#8217;université : l&#8217;autonomie à la française</title>
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		<pubDate>Thu, 17 Sep 2009 15:05:39 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Laurent Bouvet</dc:creator>
				<category><![CDATA[Université]]></category>
		<category><![CDATA[autonomie]]></category>
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		<description><![CDATA[Le président de la République française, Nicolas Sarkozy, a fait de la réforme de l’enseignement supérieur et de la recherche une des priorités de son mandat (2007-2012). Il l’avait clairement annoncée pendant sa campagne et s’emploie depuis son élection à la mettre en œuvre. La nécessité d’une réforme d’ampleur qui aille au-delà des quelques ajustements [...]<img alt="" border="0" src="http://stats.wordpress.com/b.gif?host=laurentbouvet.wordpress.com&blog=810499&post=1476&subd=laurentbouvet&ref=&feed=1" />]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<div class='snap_preview'><br /><p><a href="http://laurentbouvet.files.wordpress.com/2009/09/3821134165_55088f77e0_o.jpg"><img class="alignleft size-thumbnail wp-image-1477" title="3821134165_55088f77e0_o" src="http://laurentbouvet.files.wordpress.com/2009/09/3821134165_55088f77e0_o.jpg?w=174&#038;h=111" alt="3821134165_55088f77e0_o" width="174" height="111" /></a>Le président de la République française, Nicolas Sarkozy, a fait de la réforme de l’enseignement supérieur et de la recherche une des priorités de son mandat (2007-2012). Il l’avait clairement annoncée pendant sa campagne et s’emploie depuis son élection à la mettre en œuvre. La nécessité d’une réforme d’ampleur qui aille au-delà des quelques ajustements réalisés ces dernières années (notamment le passage au système européen du LMD dans les années 2000) avait d’ailleurs été soulignée par tous les grands candidats à l’élection présidentielle de 2007.</p>
<p style="text-align:center;"><span id="more-1476"></span></p>
<p style="text-align:justify;"><strong>Pour lire la suite de cet article, à paraître dans </strong><strong><em><a href="http://www.sgpum.com/" target="_blank">L&#8217;Autre Forum</a>, </em></strong><strong>le journal des enseignants de l&#8217;Université de Montréal, rendez-vous sur mon nouveau blog (<a href="http://blog.educpros.fr/laurentbouvet/2009/09/01/reforme-de-l%E2%80%99universite-l%E2%80%99autonomie-a-la-francaise/">Rien de ce qui est universitaire&#8230;</a>) entièrement consacré à l&#8217;université. Il est hébergé sur le site <a href="http://www.educpros.fr/" target="_blank">EDUCPROS</a>.</strong><strong> </strong></p>
<p style="text-align:center;">
Posted in Université  <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/gocomments/laurentbouvet.wordpress.com/1476/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/comments/laurentbouvet.wordpress.com/1476/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/godelicious/laurentbouvet.wordpress.com/1476/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/delicious/laurentbouvet.wordpress.com/1476/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/gostumble/laurentbouvet.wordpress.com/1476/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/stumble/laurentbouvet.wordpress.com/1476/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/godigg/laurentbouvet.wordpress.com/1476/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/digg/laurentbouvet.wordpress.com/1476/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/goreddit/laurentbouvet.wordpress.com/1476/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/reddit/laurentbouvet.wordpress.com/1476/" /></a> <img alt="" border="0" src="http://stats.wordpress.com/b.gif?host=laurentbouvet.wordpress.com&blog=810499&post=1476&subd=laurentbouvet&ref=&feed=1" /></div>]]></content:encoded>
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		<title>La social-démocratie fait-elle partie du passé ?</title>
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		<pubDate>Mon, 14 Sep 2009 14:58:37 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Laurent Bouvet</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Débat dans le journal L’HUMANITE entre Laurent Bouvet, professeur de sciences politiques à l’université de Nice Sophia-Antipolis ; François Delapierre, délégué général du Parti de gauche ; Serge Wolikow, professeur d’histoire contemporaine à l’université de Bourgogne.

En quelques mots, pouvez-vous définir la social-démocratie ? Quels en sont les principes fondamentaux ?
Laurent Bouvet. La social-démocratie est difficile à saisir, car [...]<img alt="" border="0" src="http://stats.wordpress.com/b.gif?host=laurentbouvet.wordpress.com&blog=810499&post=1499&subd=laurentbouvet&ref=&feed=1" />]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<div class='snap_preview'><br /><p style="text-align:left;"><a href="http://laurentbouvet.files.wordpress.com/2009/09/3902339946_89d2b96d18.jpg"><img class="alignleft size-thumbnail wp-image-1500" title="3902339946_89d2b96d18" src="http://laurentbouvet.files.wordpress.com/2009/09/3902339946_89d2b96d18.jpg?w=117&#038;h=165" alt="3902339946_89d2b96d18" width="117" height="165" /></a>Débat dans le journal <em>L’HUMANITE</em> entre Laurent Bouvet, professeur de sciences politiques à l’université de Nice Sophia-Antipolis ; François Delapierre, délégué général du Parti de gauche ; Serge Wolikow, professeur d’histoire contemporaine à l’université de Bourgogne.</p>
<div style="text-align:justify;">
<p><strong>En quelques mots, pouvez-vous définir la social-démocratie ? Quels en sont les principes fondamentaux ?</strong></p>
<p><strong>Laurent Bouvet</strong>. La social-démocratie est difficile à saisir, car c’est à la fois une forme d’organisation partisane (les partis sociaux-démocrates de l’Europe du Nord sont étroitement liés aux syndicats), un « régime » institutionnel de gestion des relations entre capital et travail dans le cadre national (le fameux « compromis » social-démocrate de l’après-Seconde Guerre mondiale) et, dans son acception la plus large, une « voie » empruntée par une partie du mouvement socialiste (différente notamment de celle du communisme) qui accepte le réformisme comme méthode (plutôt que la révolution), la régulation de l’économie de marché par la puissance publique comme programme (plutôt que l’appropriation collective des moyens de production) et la démocratie politique comme cadre d’exercice du pouvoir (plutôt que la dictature du prolétariat). La social-démocratie a triomphé historiquement des autres voies socialistes partout en Europe. Les membres des partis socialistes, travaillistes ou sociaux-démocrates stricto sensu s’autodésignent d’ailleurs aisément aujourd’hui comme « sociaux-démocrates » alors que l’appellation est longtemps restée un reproche quand elle n’était pas simplement une insulte à gauche &#8211; le social-démocrate ayant longtemps fait figure de social traître. Elle continue même d’exister comme forme d’organisation partisane en Scandinavie et en Allemagne, même s’il ne s’agit plus du modèle « pur » de la grande époque des années 1950-1960. En revanche, le « compromis » social-démocrate a lui été profondément remis en question par la révolution néolibérale des années 1980. La social-démocratie a, à la fois, réussi son pari politique, réalisé son projet historique, et… échoué face au libéralisme &#8211; soit parce qu’elle n’a pas su lui résister, soit parce qu’elle en a délibérément épousé les contours (social-libéralisme).</p>
<p><span id="more-1499"></span></p>
<p><strong>François Delapierre</strong>. La stratégie social-démocrate historique a visé, par la combinaison de l’action syndicale et du suffrage universel, à construire un rapport de forces favorable aux salariés et à nouer sur cette base des compromis avantageux avec le patronat dans le cadre national. Le problème, c’est qu’aujourd’hui il n’y a plus de patronat national disposé à concéder des avancées aux travailleurs ! Le capital financier transnational, qui domine dorénavant le capitalisme tout entier, vise au contraire à briser les normes sociales, environnementales ou fiscales élaborées dans chaque pays par la « libre concurrence » à l’échelle du monde. Ajoutons à cela l’effondrement des pays dits communistes à l’est. Avec eux a disparu un puissant motif de frousse qui contraignait le patronat occidental à négocier. Faute de partenaires, les sociaux-démocrates se retrouvent donc dans l’impasse. Partout leur stratégie est en échec. Qu’on me cite un seul pays où un gouvernement social-démocrate a obtenu récemment une conquête sociale pour les travailleurs ! Ils sont devenus impuissants. Cela explique la rapidité avec laquelle ils ont adhéré les uns après les autres à un nouveau paradigme, qu’il faudrait appeler démocrate, car c’est ainsi que se nomment ses partisans en Italie ou aux États-Unis notamment, et parce qu’il met la question sociale à l’arrière-plan.</p>
<p><strong>La recherche et la construction d’alliances au centre, qui traversent le socialisme européen, sont-elles selon vous des déviations par rapport au concept originel de social-démocratie ou bien sont-elles contenues dans ce concept ?</strong></p>
<p><strong>Laurent Bouvet</strong>. Il n’y a ni déviation ni confirmation par rapport à ce qu’est la social-démocratie puisqu’elle n’a jamais été définie comme un système d’alliances électorales particulier. Selon les pays et les époques, les alliances des sociaux-démocrates ont été très variables. En France, par exemple, chacun sait que le Parti socialiste a pratiqué tout au long de son histoire des types d’alliances très différentes. Mais vous avez raison de souligner qu’aujourd’hui la problématique des alliances devient commune à de nombreux partis sociaux-démocrates en Europe. Essentiellement parce que les droites ont séduit depuis quelques années une partie de l’électorat populaire et amoindri ainsi le socle sociologique des partis de gauche qui prétendent gouverner. Le problème électoral posé aujourd’hui à ces partis peut être formulé de la manière suivante. D’abord, ils ont compris qu’ils allaient devoir choisir entre l’alliance à gauche et l’alliance au centre. Une grande alliance allant d’un bout à l’autre étant tout à fait improbable compte tenu de l’incompatibilité durable entre les projets politiques de la « gauche de la gauche » et du centre. Ensuite, le choix d’une alliance à gauche (disons traditionnelle…) ne permet pas, en l’état, de gagner. L’hypothèse qu’une telle alliance pourrait faire revenir au bercail cet électorat populaire qui pour le moment s’abstient ou vote à droite est loin d’être démontrée. Enfin, et donc, l’alliance au centre apparaît comme la solution la plus crédible pour gagner à court terme. Mais, bien évidemment, cet « appel du centre » conduit à un programme et au-delà à un projet de société qui signifie concrètement l’abandon officiel, si l’on peut dire, d’une très large part des couches populaires.</p>
<p><strong>François Delapierre</strong>. Ce changement d’alliance est maintenant officialisé par le PSE, parti commun à toute la social-démocratie européenne, qui a rebaptisé son groupe au Parlement européen « Alliance progressiste des socialistes et des démocrates ». C’est une rupture qui montre l’avènement de la nouvelle orientation démocrate. En renonçant à se battre pour le partage des richesses, les anciens partis sociaux-démocrates se sont rendus disponibles pour des alliances avec une partie de la droite : avec les conservateurs dans le gouvernement de grande coalition en Allemagne, avec les démocrates chrétiens au sein du Parti démocrate italien, et même avec l’extrême droite en Slovaquie ! L’orientation démocrate l’a désormais emporté au sein du PS français. Il ne faut pas se fier à l’improvisation apparente ni au pragmatisme affiché par ses promoteurs. Ils ont une orientation globale et cohérente qui lie programme recentré, changement d’alliance et destruction des partis traditionnels de la gauche. En France les primaires sont le moyen d’atteindre tous ces objectifs à la fois : nivellement de la gauche autour d’un programme minimal « d’alternance », ouverture au centre, remplacement des partis par une « opinion » sous influence des sondeurs. Il est d’ailleurs frappant de voir les défenseurs des primaires se revendiquer des précédents de l’Italie et des États-Unis alors que dans ces pays la gauche historique a été détruite au profit des démocrates.</p>
<p><strong>Serge Wolikow</strong>. La social-démocratie a plus d’un siècle d’existence &#8211; elle a connu plusieurs phases dans son développement. Il est remarquable cependant de remarquer que la France n’a jamais été une terre où la forme social-démocrate telle qu’elle est née en Allemagne et s’est développée au début du XX siècle a pu prendre racine. La social-démocratie a connu plusieurs phases. Si l’on considère l’évolution en longue durée de ses références idéologiques et de son programme, on perçoit la disparition progressive des références au marxisme, abandonnées plus ou moins rapidement par les différents partis de l’Internationale socialiste. Longtemps les Partis socialistes successifs en France ont pris leur distance à l’égard d’une social-démocratie dont ils critiquaient les renoncements et l’intégration à l’appareil d’État. Le ralliement récent à la démarche idéologique de la social-démocratie est salué par certains historiens comme la voie du renouveau possible, c’est l’avis de Michel Winock dans un article récent du Monde où il réclame encore un effort pour que le PS se débarrasse de son surmoi marxiste. Pourtant la pensée critique de l’état des choses et du système socio-économique est inséparable d’une démarche progressiste qui ne s’en remet pas à la logique du marché et du capitalisme financier. Le modèle social-démocrate essentiellement fondé sur la redistribution apparaît épuisé si l’on ne repense pas de manière alternative les fondements sociaux et politiques de l’organisation économique. Mais parler de la social-démocratie en France comme un projet d’avenir me semble également un contresens du point de vue de la conception du parti, de son organisation et de la hiérarchisation de ses liens avec les organisations syndicales et associatives, les élus locaux et l’appareil du parti… Alors même que les fonctions parlementaires et électives sont largement dévalorisées vu le système institutionnel, il serait paradoxal d’envisager le nécessaire rassemblement des forces populaires et progressistes dans ce cadre-là. Le paysage syndical, politique et idéologique de la gauche française aujourd’hui comme hier rend irréaliste et en tout cas proprement impossible une telle perspective. La question des alliances au centre a été récurrente sous la Ve République du fait de la bipolarisation induite par les institutions. On se rappellera ce débat en 1963, aux origines de l’union de la gauche, ou encore en 1969 lors de l’élection présidentielle. La réponse fondamentale à la question ne se trouve pas seulement au sein du Parti socialiste, elle dépend largement de la capacité d’une alliance attractive et donc potentiellement majoritaire autour d’un programme de gauche. Cela, évidemment, déplace un peu l’interrogation sur les valeurs, références et pour tout dire ce qui politiquement rassemble la gauche.</p>
<p><strong>Comment expliquez-vous que lors des dernières élections européennes, en pleine crise du capitalisme, la social-démocratie ait perdu des voix et des sièges ?</strong></p>
<p><strong>François Delapierre</strong>. Cette défaite d’ampleur européenne montre que l’échec de la social-démocratie n’est pas un problème de « leadership ». C’est un problème d’orientation politique. Ce courant est devenu un astre mort. Avez-vous noté qu’aucune des nouvelles forces de gauche qui émergent dans le monde ne se réclame de la social-démocratie ? C’est particulièrement frappant en Amérique du Sud, qui a connu une vague de révolution démocratique unique au monde ces dernières années. Même au Brésil, Lula, le « modéré » que les socialistes français aiment opposer à Chavez, aura contre lui à la prochaine élection présidentielle un candidat social-démocrate soutenu par la droite ! Parce qu’ils se sont identifiés à la défense d’un capitalisme à bout de souffle, les partis sociaux-démocrates ont été incapables d’en percevoir une des caractéristiques les plus graves pour l’avenir de l’humanité, son productivisme intrinsèque qui produit la catastrophe écologique. Les sociaux-démocrates ne représentent donc pas un point d’appui pour ceux qui recherchent une alternative au système. Là où le capitalisme connaît ses crises les plus fortes, ils sont même jetés par-dessus bord par les peuples. La crise ne constitue pas un point d’appui pour cette social-démocratie mais une difficulté supplémentaire.</p>
<p><strong>Serge Wolikow</strong>. L’expression électorale du désarroi social n’est jamais univoque : la crise engendre une protestation sociale accrue mais celle-ci peut politiquement prendre des formes diverses en fonction de l’offre politique mais aussi de l’expérience et de la mémoire collectives des électeurs. La social-démocratie en Europe, la gauche en France n’ont pas réussi à combiner gestion et mise en cause significative des rapports sociaux, elle a dans les faits misé sur la dynamique du capitalisme, la privatisation des services publics lorsqu’elle était aux affaires et porté la protestation sociale lorsqu’elle était dans l’opposition. Depuis le début des années 2000, elle a souvent déserté le terrain des politiques publiques dans le domaine de la vie économique et sociale, le travail, le logement, les transports, l’éducation au profit des mesures sociétales et culturelles. Dès lors, lorsque la crise financière a aggravé la dégradation de l’emploi, accéléré la désindustrialisation, la droite a réussi ses opérations de dédouanements, d’autant qu’elle n’a pas hésité à reprendre ici ou là une partie de l’ancien discours social-démocrate abandonné progressivement depuis vingt ans.</p>
<p><strong>Laurent Bouvet</strong>. Cette explication par la brouille des repères économiques et sociaux est sans doute en partie vraie, mais elle demeure à mon sens très largement insuffisante. L’enjeu, vital, pour la social-démocratie dépasse désormais largement la considération de sa plus ou moins grande conversion au libéralisme dans le domaine économique et social. C’est en termes de « valeurs » ou de préconditions (du modèle économique et social notamment) que cet enjeu doit être compris et pensé. La droite européenne dans son ensemble a visiblement mieux compris que la gauche ce dont il s’agit. De manière contrainte et forcée d’ailleurs puisque la gauche a capturé &#8211; par la fameuse « triangulation » &#8211; l’essentiel de sa politique économique. La droite a donc dû porter le combat sur le terrain des valeurs en « triangulant » à son tour celles de la gauche, à l’instar du travail notamment, comme on a pu le constater en France lors de la campagne présidentielle de Nicolas Sarkozy en 2007. Ce faisant, la droite a partout en Europe su attirer un électorat populaire délaissé par la gauche qui le croyait acquis à raison d’un monopole historique en lui parlant le langage des valeurs : travail bien sûr mais aussi identité nationale, modèle social familial, sens de l’appartenance et de la protection collective, etc.</p>
<p><strong>La gauche peut-elle être gouvernementale sans être ni social-démocrate ni social-libérale ? Si oui, comment ?</strong></p>
<p><strong>Laurent Bouvet</strong>. Sans être sociale-libérale, sans aucun doute. La parenthèse sociale-libérale me semble aujourd’hui refermée. Sans être sociale-démocrate, c’est moins sûr. La seule voie, particulièrement étroite, d’un retour durable et significatif au pouvoir de la gauche me semble être celle d’une reconquête méthodique et « contractuelle » des couches populaires sur la base d’un projet entièrement refondu. Il devrait intégrer à la fois une dimension architectonique d’intelligence et de décence &#8211; dans le sens de la « décence ordinaire » dont parlait George Orwell -, une définition de ses valeurs communes &#8211; impliquant les différentes couches de la société -, une lutte sans merci contre toute forme de rente et de reproduction (ou de démultiplication) des inégalités dans les politiques publiques (en particulier par la priorité absolue accordée à l’éducation) et l’exigence, partout et pour tous, d’une société beaucoup plus économe de ses ressources.</p>
<p><strong>Serge Wolikow</strong>. Le ni-ni ne peut constituer une perspective mobilisatrice et efficace notamment parce qu’il s’agit évidemment non pas de gérer ou dilapider au mieux un héritage mais de relancer et innover aussi bien sur le terrain de la démocratie politique sociale qu’économique. La question de la participation gouvernementale est présente dans les débats du Parti socialiste, du Parti communiste et plus généralement du mouvement ouvrier et des mouvements sociaux depuis plus d’un siècle. La question n’est pas nouvelle dans la mesure où il s’agit toujours, dans des contextes historiques évidemment différents, de savoir comment articuler le rapport État-société dans la pratique de la politique mais aussi le lien entre protestation et attentes sociales des milieux populaires et mise en oeuvre d’une politique qui réussisse à les associer aux différents niveaux… Dès lors, l’urgence n’est pas seulement d’imaginer une société nouvelle ou d’inventer des pratiques politiques innovantes, mais de les associer étroitement dans la réflexion comme dans la pratique.</p>
<p><strong>François Delapierre</strong>. Il y a maintenant plus de gouvernements dirigés par la nouvelle gauche en Amérique latine que de gouvernements à majorité sociale-démocrate en Europe ! Ces expériences de réinvention de la gauche sont très diverses. Mais plusieurs points communs peuvent être notés. Tous ces gouvernements s’appuient sur une intense implication populaire, suscitée notamment par la convocation d’assemblées constituantes. Ils se fixent comme premier moyen la souveraineté du pays sur ses ressources naturelles. Et ils se donnent comme objectif la satisfaction des besoins sociaux des plus pauvres. Tout ceci se traduit facilement en français, non ? Certes ces courants se réclament de références qui nous semblent lointaines, comme Bolivar, voire la théologie de la libération. Mais en France nous pouvons nous appuyer sur une tradition nationale républicaine qui a souligné de longue date l’importance de l’éducation populaire, de la participation citoyenne, de la souveraineté populaire. Le rapport de forces culturel n’est pas perdu, manque seulement la construction politique. Mais dorénavant c’est de l’autre gauche qu’elle peut venir.</p>
<p><strong>Entretiens réalisés par Laurent Etre</strong></p>
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<p><strong><a href="http://www.humanite.fr/2009-09-12_01-La-gauche-en-debat_La-social-democratie-fait-elle-partie-du-passe,2750526" target="_blank">Débat</a> paru dans le quotidien et sur le site de <em>l&#8217;Humanité</em> le 12 septembre 2009.</strong></p>
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