Manifeste “Refonder l’Université française”

15 05 2009

681784821Il est désormais évident que l’Université française n’est plus seulement en crise. Elle est, pour nombre de ses composantes, à peu près à l’agonie. Qu’on comprenne bien ce que cela signifie. L’Université n’est pas tout l’enseignement supérieur français. Les classes préparatoires, celles de BTS, les IUT (lesquels font formellement partie des universités), et l’ensemble des petites, moyennes ou grandes écoles, publiques ou privées recrutent largement. Mais c’est au détriment des formations universitaires, que les étudiants désertent de plus en plus, et cela tout particulièrement pour les études scientifiques. Le secteur non universitaire de l’enseignement supérieur offre des formations techniques et professionnelles, parfois de qualité, mais parfois aussi très médiocres. Même si la situation évolue depuis quelques années pour sa fraction supérieure (les « grandes écoles »), ce secteur n’a pas vocation à développer la recherche et à donner des outils de culture et de pensée, et guère les moyens humains et scientifiques de le faire. C’est dans les universités que l’on trouve la grande majorité des savants, des chercheurs et des professionnels de la pensée. Pourtant, alors qu’on évoque l’émergence d’une « société de la connaissance », nos universités ont de moins en moins d’étudiants et ceux-ci sont rarement les meilleurs. Une telle situation est absurde. Dans aucun pays au monde l’Université n’est ainsi le maillon faible de l’enseignement supérieur.
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Savant ou politique ?

13 10 2008

41M5QfJXgjL._SL500_AA240_Recension pour le site nonfiction.fr de l’ouvrage de Vincent Peillon, La Révolution française n’est pas terminée, Paris, Editions du Seuil, 2008, 214 pages.

Sur les rayonnages débordant d’essais de responsables politiques, l’ouvrage de Vincent Peillon brille d’un éclat particulier. Il se tient en effet à bonne distance des opuscules saisonniers que l’on voit fleurir à chaque élection. Il n’appartient pas non plus à la catégorie foisonnante des « ce que je crois… », le genre d’ouvrage que se met en devoir de publier tout élu qui se sent pousser des ailes. Il se distingue enfin de ces biographies rédigées d’une plume distante (souvent celle du nègre qui la tient) pour se placer à hauteur d’un personnage historique. Le livre de Vincent Peillon témoigne au contraire d’un remarquable effort d’originalité. Enfin un responsable politique qui se veut aussi « savant » ! Enfin un savant qui fait (vraiment) de la politique. (1)
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Communautarisme: la peur n’évite pas le danger

30 09 2008

2546854768_ec0c65db4bEntretien réalisé par Aurore Lambert pour le site “Clarté, courage, créativité”.

A. Considérez-vous que la politique menée depuis 2002 par les gouvernements Raffarin, Villepin et Fillon encourage le communautarisme ? Comment reconnaître la diversité des citoyens sans s’éloigner du pacte républicain et du vivre ensemble ?

A mon sens, non. Il faut se garder de toute exagération sur ces questions d’identité car elles sont très délicates et entraînent des conséquences quant au lien social d’ensemble tout à fait fondamentales. Il faut absolument éviter les faux débats, engagés notamment pour des raisons politiciennes, du style « la droite c’est mal, la gauche c’est bien »… Chacun, en matière de gestion de la diversité identitaire dans la société française, a agi à la fois pour le meilleur et pour le pire depuis une trentaine d’années. Pour ne donner que deux exemples, il n’est pas certain que la manière dont la gauche dans les années 1983-1986 a réagi aux demandes exprimées par la « marche des Beurs » par exemple soit un modèle de réussite. Pas plus que la manière dont la droite a durci à chacun de ses passages au pouvoir le code de la nationalité et/ou les conditions de l’immigration légale en France.

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Mieux vaut soixante-huitard que jamais

26 04 2008

41cN0GEQzdL._SL500_AA240_Recension pour nonfiction.fr de l’ouvrage de Serge Audier, La Pensée anti-68. Essai sur les origines d’une restauration intellectuelle, Paris, La Découverte, 2008, 380 pages.

L’ouvrage que nous propose le philosophe, et historien des idées, Serge Audier à l’occasion du quarantième anniversaire de Mai 68 possède une qualité immédiate voire rafraîchissante en ces temps de boursouflure commémorative : il n’entre dans aucune des grandes catégories du genre qui monopolisent cette année les tables des libraires. Ce n’est pas l’un de ces opuscules pondus par les fils et filles à papa (jamais à maman d’ailleurs…) s’extasiant encore, la quarantaine venue, d’avoir eu un géniteur assez « cool » pour avoir « fait 68 ». Ce n’est pas non plus le énième ouvrage sur la « formidable jeunesse » (voire la énième réédition pour les plus fainéants d’entre eux…) de l’un de ces héros des barricades qui ne s’est toujours pas remis d’avoir pu « jouir sans entrave » tout en criant de grosses bêtises à la face du monde sans que cela ne l’empêche de continuer de donner des leçons politiques quarante ans après. Ce n’est pas, enfin, l’un de ces livres de circonstance écrits à la va-vite par le premier plumitif venu sur le thème censément porteur du moment.
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La domination de l’universalisme européen

27 03 2008

41nLnnF8ftL._SL500_AA240_Recension pour nonfiction.fr du livre d’Immanuel WALLERSTEIN, L’Universalisme européen. De la colonisation au droit d’ingérence, Paris, Demopolis, tr. fr. P. Hutchinson, 2008, 140 pages.

Ce petit livre d’Immanuel Wallerstein est la reprise à l’écrit d’une série de conférences données par l’auteur au Canada en 2004, augmentée d’une conclusion spécialement rédigée pour l’ouvrage. Ces circonstances de publication expliquent notamment la forme ramassée du propos et l’absence d’appareil critique que l’on attend habituellement d’un livre d’historien. Il appartient plutôt à la catégorie des essais engagés, ce qui correspond d’ailleurs assez bien à l’esprit dans lequel son auteur a mené ces dernières années à la fois ses travaux et son implication dans différents mouvements contre la mondialisation.

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La fabrique des idées politiques… à droite.

22 01 2008

487904392_0b8098fd0c_mPour qui a eu à faire l’expérience de la construction programmatique ou de la réflexion doctrinale en politique, le témoignage direct et précis d’Emmanuelle Mignon, directrice de cabinet du Président de la République et ancienne responsable des études de l’UMP en charge du programme présidentiel, sur la fabrication du programme du candidat de l’UMP à la dernière élection présidentielle est de premier ordre – voir l’entretien accordé à nonfiction.fr.

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Débat autour du communautarisme (club “Politique autrement”)

30 04 2007

Le club “Politique autrement” dirigé par Jean-Pierre Le Goff a organisé le 13 mars dernier un débat autour du communautarisme à partir de l’ouvrage de Julien Lanfried (Contre le communautarisme, Armand Colin) et du mien dont vous trouverez le compte-rendu écrit ainsi qu’un extrait audio ici.

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Photos “Politique autrement” (de gauche à droite : Julien Lanfried, Jean-Vincent Holleindre, Laurent Bouvet).

 

 





Forum “la nouvelle critique sociale” – Grenoble 12-14 mai 2006

30 05 2006

Les 12, 13 et 14 mai derniers, se tenait à Grenoble (à la maison de la culture, la MC2), un grand forum intitulé «la nouvelle critique sociale » qui a regroupé autour d’une centaine de chercheurs et d’acteurs sociaux, un public nombreux – près de 8000 personnes selon les organisateurs. Ce forum était organisé par « l’atelier intellectuel » La République des Idées (présidé par Pierre Rosanvallon qui publie de petits essais aux éditions du Seuil) et par l’Agence nouvelle des Solidarités actives (présidée par Martin Hirsch qui propose d’expérimenter sur le terrain des formes nouvelles de lutte contre la pauvreté). Il était soutenu notamment par le quotidien Le Monde dont les journalistes animaient la plupart des débats.

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Rédacteur en chef de la Revue socialiste: un politiste en politique

15 02 2002

Ce qui est proposé dans les pages qui suivent est un exercice à la fois difficile et, pour une large part, inédit voire incongru en science politique. Difficile parce qu’il met en lumière une expérience personnelle et professionnelle à partir du point de vue de celui qui l’a vécue. Inédit voire incongru parce que cette expérience est l’objet ici même d’une tentative d’étude la plus distanciée possible. A l’objection immédiate et évidente d’une trop grande proximité ou implication par rapport à l’objet étudié, on répondra tout aussi rapidement qu’il n’y a de la part de l’auteur aucune prétention à une quelconque « neutralité axiologique », celle qui sied habituellement à tout chercheur en sciences sociales notamment. On indiquera plus simplement que l’on a essayé tant dans la restitution de l’expérience décrite et de ses conditions que dans son appréciation d’être le « même » analyste ou chercheur que l’on prétend être à propos d’autres objets d’étude et de recherche plus « extérieurs ». La difficulté de l’exercice et son caractère inédit ou incongru ne devant pas à notre sens l’interdire. Les effets critiques qu’il pourrait éventuellement provoquer ne revêtant à nos yeux qu’un caractère secondaire par rapport à ce qu’il peut livrer d’enseignements quant au lien entre science et pratique politiques.

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La gauche française entre social et “sociétal”

15 06 2000

421118235_6b851b3551Depuis quelques mois, la dynamique sociale-démocrate, et plus largement celle de la gauche, en Europe, connaît une baisse de régime. Après les succès – résultats électoraux et économiques positifs, bonne image dans l’opinion publique – accumulés par les majorités arrivées au pouvoir dans les dernières années (1994 aux Pays-Bas, 1996 en Italie, 1997 au Royaume-Uni et en France, 1998, en Allemagne…), des difficultés apparaissent. Celles-ci ont des causes directes variées selon le contexte national : les problèmes rencontrés par Blair (perte des élections locales, élection de Ken Livingstone à Londres, contestation de son « autoritarisme »…) (1) ont peu de choses à voir avec la lente remontée, en forme de réalignement à gauche, de Gerhard Schröder après à un début de mandat particulièrement catastrophique ou encore avec l’agitation médiatique et sociale qui a conduit au remaniement gouvernemental du début de l’année en France.

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