Chronique des temps de l’autonomie : l’affaire de Metz

Dans la série qui s’annonce prometteuse « l’autonomie des universités, vous n’avez encore rien vu ! », on vient d’assister à un épisode de choix à Metz.

Les principaux faits sont bien résumés dans cet article de Rue89 même si quelques informations complémentaires peuvent y être apportées. Il s’agit d’un poste de maître de conférences – ouvert au concours selon la procédure dite « au fil de l’eau » dans la novlangue désormais en vigueur dans les universités, c’est-à-dire devant être pourvu, avec plus ou moins d’urgence selon les cas, en cours d’année voire de semestre universitaire – qui a été pourvu sur décision du Conseil d’administration (CA) de l’Université de Metz contre l’avis – et donc le candidat choisi – par le comité de sélection, instance créée par la loi LRU et réunie ad hoc lorsqu’un poste d’enseignant-chercheur est « ouvert » au recrutement. Ce comité devant être composé pour moitié d’enseignants-chercheurs « extérieurs » à l’université afin d’éviter, selon la ministre qui en a ainsi justifié la création, le « localisme », à savoir la préférence pour les candidats locaux de l’université lors des recrutements. La candidate retenue par le CA dans l’affaire de Metz était une candidate « locale », en fait une PRCE (une certifiée de l’enseignement secondaire en poste dans le supérieur), titulaire d’un doctorat dans la discipline et qualifiée par le Conseil national des universités. Celui retenu par le comité était, aux yeux de celui-ci, plus qualifié (agrégé notamment dans la discipline) que cette candidate mais venait de l’extérieur de l’université. Le seul argument avancé en faveur de la candidate choisie étant sa présence à l’université depuis des années.

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Droits d’inscription : l’arbre de Dauphine cache la forêt de l’autonomie

Si la décision prise par l’Université de Paris-Dauphine d’augmenter – jusqu’à 4000 euros – les droits d’inscription pour certains de ses masters fait autant de bruit, ce n’est pas simplement parce qu’elle rouvre le débat sur les droits d’inscription à l’université. C’est surtout parce que dans le contexte du « tout autonome » de ces dernières années, elle lève crûment un coin du voile sur ce que pourrait bien devenir l’université française.

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La montagne du grand emprunt accouche d’une souris universitaire

L’annonce, lundi 14 décembre, par le président de la République, de l’usage qui sera fait des milliards du « grand emprunt » destinés à l’université et à la recherche n’a, hélas, surpris personne. On s’attendait en effet à cette politique d’affichage qui promet 10 milliards d’euros pour les universités  (et 8 pour la recherche) mais qui se résumera en fait à 400 millions d’euros par an répartis sur 10 campus dits « d’excellence » – avec comme perspective d’en afficher quelques-uns dans les premières places du fameux et fumeux classement de Shanghai.

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Le CNRS enfin 1er sur un podium mondial de la recherche

Un institut espagnol, SCIMAGO, a décidé de publier à son tour un classement de la recherche mondiale. Outre les doutes sur la méthodologie employée – purement bibliométrique au moment même où ce genre de critères sont sérieusement mis en doute – et sur le réel intérêt qu’il y a à transformer la recherche en pseudo-compétition sportive, le résultat obtenu, à savoir la 1ère place pour le CNRS, est à la fois étonnant et peu rassurant.

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Les milliards du “grand emprunt”, dernière chance de l’université française ?

Quoi que l’on pense, économiquement et politiquement, du « grand emprunt », les 16 milliards d’euros qui devraient être consacrés à l’enseignement supérieur et la recherche (sur les 35 annoncés par Alain Juppé et Michel Rocard dans leur rapport sur l’usage qu’ils préconisent de ces fonds) représentent une occasion exceptionnelle de donner, enfin, à l’université française les moyens de ses ambitions, du moins de la remettre à niveau après des décennies de pénurie.

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