La « séquence » (comme disent les conseillers en communication désormais) qui vient de se dérouler à gauche est révélatrice d’un grave défaut : l’absence de prise de conscience de la spécificité de l’élection présidentielle sous la Ve République. Passe encore pour les écologistes qui n’ont jamais prétendu à quoi que ce soit en la matière. Le seul fait d’avoir désigné une candidate comme Eva Joly à l’élection suprême est suffisamment significatif pour dire non seulement leur évidente incompréhension ou leur rejet total des institutions de la Ve République mais encore leur profonde indifférence à ce qu’ils considèrent visiblement comme un jeu institutionnel vide, sans importance. Pour eux, la « vérité », dont ils sont si friands, semble ailleurs. Le problème est infiniment plus grave et plus gênant pour le PS. Car enfin, depuis 30 ans, il n’est pas un responsable socialiste digne de ce nom qui ne se réclame de François Mitterrand. Et même si c’est pour exercer au regard de celui-ci un « droit d’inventaire », l’ensemble du socialisme français tourne toujours autour de l’axe mitterrandien à la manière d’un moulin à prières. Comme si la victoire partisane puis présidentielle du vieux lutteur politique venu de la droite nationale avait duré plus longtemps à titre posthume que de son vivant. Aujourd’hui, il se trouve même quelques ravis de la crèche socialiste pour souligner que François Hollande porte le même prénom que son illustre prédécesseur de candidat, et que donc bon… suivez mon regard.
Las, la semaine qui vient de passer a démontré, une fois de plus, que les socialistes français, et la gauche avec eux, étaient encore bien loin du retour tant attendu à l’Elysée.
Ce qui devait être une semaine de mise en marche et en lumière de l’armée hollandaise s’est transformé en modèle de cauchemar pour communicant politique. Embêtant, d’autant que cela survient après le coup de mou du candidat dans la « séquence » précédente, celle de la crise européenne, qu’il a très largement passée à observer depuis le quai le passage à toute vitesse du train international du président-qui-gère-la-crise.
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