De quel changement cette élection est-elle le nom ?

Article publié dans Le Monde, le 24 avril 2012, sous le titre : “Comment la gauche gérera-t-elle l’insécurité culturelle révélée par le vote Marine Le Pen ?”

Les résultats des élections présidentielles apportent toujours, dit-on, une surprise. Cette année, s’il fallait la désigner, ce pourrait bien être la participation : 80% des inscrits. Alors qu’on annonçait une abstention sinon record du moins élevée, c’est au contraire la participation qui atteint pratiquement le même niveau qu’en 2007, élection exceptionnelle dans la tendance générale à la baisse de la participation électorale. Malgré des candidats connus cette fois et, en partie, usés, malgré une campagne jugée globalement morose et surtout malgré un contexte général, économique notamment, particulièrement déprimé et déprimant, les Français ont à nouveau montré combien cette élection atypique dans les grandes démocraties européennes leur tenait à cœur et qu’ils y percevaient, eux, des enjeux.

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L’éternel retour du droit de vote des étrangers

Article publié dans le Huffington Post, le 26 avril 2012.

Comme il était malheureusement prévisible, la campagne de l’entre-deux tours, soumise à la pression du résultat historique de Marine Le Pen et de ses 6,4 millions d’électeurs, est en train de se résumer à un affrontement entre un François Hollande candidat de la raison économique et sociale, et un Nicolas Sarkozy candidat de la passion identitaire et culturaliste.

Le fait que ce dernier soit aux abois et qu’il ose donc tout pour séduire les électeurs lepénistes rend évidemment la situation encore plus délétère. D’ailleurs, la bonne presse de gauche n’a pas manqué de se jeter tête la première dans le piège de ce faux débat en sonnant immédiatement le glas des heures-les-plus-sombres-de-notre-Histoire contre tout ce qui bouge : Marine Le Pen et Nicolas Sarkozy bien sûr, classiquement, mais aussi contre leurs électeurs, ces millions de racistes et de fascistes qui s’ignorent. Et même, last but not least, contre tous ceux qui, à gauche, se posent sérieusement la question de la manière d’empêcher qu’en 2017 Marine Le Pen ne finisse à 25% au premier tour. Arnaud Montebourg ou Ségolène Royal ont d’ores et déjà fait les frais d’un tel procès en manquement au culte de la Vraie Croix… Gauche (pardon).

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Présidentielle : gagner n’est pas jouer

ImageArticle publié dans le Huffington Post, le 2 avril 2012.

Peut-on gagner une élection présidentielle a minima? Et si oui, dans quelles conditions peut-on ensuite gouverner? C’est, en substance, la question qui se pose aujourd’hui à François Hollande.

Depuis des semaines et en dépit de la “remontée” de Nicolas Sarkozy dans les intentions de vote du premier tour, toutes les enquêtes d’opinion donnent François Hollande vainqueur au second tour, avec une marge significative. Le rejet du président sortant, mesuré par de nombreux indicateurs, reste très fort. Beaucoup plus en tout cas qu’il ne l’a jamais été par le passé. Si bien que l’on voit difficilement comment il pourrait l’emporter même si tout est toujours possible dans une élection présidentielle -et notamment une dynamique de second tour totalement nouvelle après un premier tour qui pourrait apporter des surprises: notamment une Marine Le Pen bien plus haut que son score actuel dans les sondages.

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La présidentielle se déroule sur un ring, pas sous un chapiteau

La « séquence » (comme disent les conseillers en communication désormais) qui vient de se dérouler à gauche est révélatrice d’un grave défaut : l’absence de prise de conscience de la spécificité de l’élection présidentielle sous la Ve République. Passe encore pour les écologistes qui n’ont jamais prétendu à quoi que ce soit en la matière. Le seul fait d’avoir désigné une candidate comme Eva Joly à l’élection suprême est suffisamment significatif pour dire non seulement leur évidente incompréhension ou leur rejet total des institutions de la Ve République mais encore leur profonde indifférence à ce qu’ils considèrent visiblement comme un jeu institutionnel vide, sans importance. Pour eux, la « vérité », dont ils sont si friands, semble ailleurs. Le problème est infiniment plus grave et plus gênant pour le PS. Car enfin, depuis 30 ans, il n’est pas un responsable socialiste digne de ce nom qui ne se réclame de François Mitterrand. Et même si c’est pour exercer au regard de celui-ci un « droit d’inventaire », l’ensemble du socialisme français tourne toujours autour de l’axe mitterrandien à la manière d’un moulin à prières. Comme si la victoire partisane puis présidentielle du vieux lutteur politique venu de la droite nationale avait duré plus longtemps à titre posthume que de son vivant. Aujourd’hui, il se trouve même quelques ravis de la crèche socialiste pour souligner que François Hollande porte le même prénom que son illustre prédécesseur de candidat, et que donc bon… suivez mon regard.

Las, la semaine qui vient de passer a démontré, une fois de plus, que les socialistes français, et la gauche avec eux, étaient encore bien loin du retour tant attendu à l’Elysée.

Ce qui devait être une semaine de mise en marche et en lumière de l’armée hollandaise s’est transformé en modèle de cauchemar pour communicant politique. Embêtant, d’autant que cela survient après le coup de mou du candidat dans la « séquence » précédente, celle de la crise européenne, qu’il a très largement passée à observer depuis le quai le passage à toute vitesse du train international du président-qui-gère-la-crise.

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La présidentielle, une élection en 3D

L’élection présidentielle est un scrutin d’un genre particulier. Dans les pays où elle permet de désigner au suffrage universel direct le véritable chef de l’exécutif, elle revêt même un caractère exceptionnel. Elle met en effet en jeu trois dimensions très différentes de l’action publique que doit impérativement et simultanément maîtriser le candidat s’il veut l’emporter.

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