Obama et le Parti démocrate face à l’obstacle des élections de mi-mandat

La victoire de Barack Obama à l’élection présidentielle américaine de 2008 a sonné, pour nombre d’observateurs, la fin de « l’ère conservatrice ».[1] Outre le caractère historique de l’événement, la campagne électorale et l’arrivée au pouvoir d’Obama ont démontré de manière éclatante l’épuisement idéologique et politique de la « révolution conservatrice ». Celle-là même qui avait été mise en œuvre par Ronald Reagan au début des années 1980 et dont George W. Bush a été le continuateur sous la double forme d’une radicalisation religieuse de la vie politique menée sous la pression des chrétiens fondamentalistes au sein du Parti républicain, et d’une politique étrangère bien plus idéaliste et dévastatrice – celle des fameux néo-conservateurs – que celle de ses prédécesseurs républicains (notamment celle de son père).

Avec l’arrivée au pouvoir d’Obama, une nouvelle page de l’histoire américaine allait donc nécessairement s’écrire. En mieux, évidemment.

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De la démocratie américaine, d’hier et d’aujourd’hui

Les Etats-Unis sont la première démocratie moderne. La Révolution « a fait des Américains (en dépit de la persistance contradictoire de l’esclavage jusqu’au milieu du XIXe siècle) le premier peuple du monde moderne à posséder un gouvernement et une société réellement démocratiques »[1].  Les treize colonies devenues indépendantes en 1776 puis fédération en 1787 sont en effet la première « nation » moderne à avoir réussi ce qui faisait figure de quadrature du cercle politique jusqu’au XVIIIe siècle : la conjugaison de la souveraineté du peuple et du gouvernement représentatif grâce au fédéralisme notamment. Tocqueville explique ainsi cette exception américaine dans la Démocratie en Amérique : « L’Etat social des Américains est éminemment démocratique. Il a eu ce caractère dès la naissance des colonies ; il l’a plus encore de nos jours »[2]. Il ajoute : « Le grand avantage des Américains est d’être arrivés à la démocratie sans avoir à souffrir de révolutions démocratiques, et d’être nés égaux au lieu de le devenir. »[3] Si Tocqueville a su montrer en quoi la démocratie américaine était à bien des égards exceptionnelle et qu’elle pouvait aisément faire figure d’idéal, il en a aussi clairement exposé les limites et les risques. Qu’il s’agisse de la légitimité du choix du « peuple » et de ses conséquences, de la représentation des intérêts et des différences dans l’espace politique ou encore quant à l’efficacité de la décision dans le contexte démocratique.

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Obama peut-il être un président par gros temps ?

La deuxième année de mandat de Barack Obama a mal commencé. La perte d’un siège-clef au Sénat – celui des Kennedy dans le Massachusetts – au profit des Républicains a sonné comme un avertissement pour le président, comme le signe inquiétant de l’insatisfaction grandissante de l’électorat, démocrate et indépendant, qui l’avait soutenu en 2008.

Cette déconvenue s’ajoute à la campagne particulièrement dure menée par les Républicains notamment à l’occasion de la grande bataille sur l’assurance-maladie. L’aile la plus conservatrice a su en quelques mois se remobiliser alors qu’on avait annoncé sa débandade. Elle s’incarne aujourd’hui dans un vaste mouvement populiste dénommé Tea Party en référence à un épisode fameux de la Révolution américaine. La première convention de ce mouvement a accueilli, il y a quelques jours, comme orateur principal, Sarah Palin, candidate putative à la présidence pour 2012. Et la Cour Suprême vient elle-même de signer d’une décision historique ce retour des conservateurs sur le devant de la scène en supprimant toute limite au financement des publicités par les entreprises pendant les campagnes électorales, renversant ainsi des années d’efforts bipartisans – dont la fameuse loi McCain-Feingold de 2002 – pour limiter le poids des groupes de pression sur les élections.

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Retour sur la question communautariste

Le terme « communautarisme » est étranger à l’oreille républicaine française. Il ne correspond à aucun de nos repères historiques, juridiques ou philosophiques. Il n’est pas compatible avec la conception que nous nous faisons, collectivement, du lien social et plus largement du vivre-ensemble. Il nous est même difficile de le comprendre et de l’utiliser. Lorsqu’on le fait, c’est avec beaucoup de maladresse alors que ce devrait être avec prudence, en particulier lorsque l’on compare son usage avec celui qui en est fait dans d’autres pays, les Etats-Unis en premier lieu.[1]

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