A la recherche du peuple perdu

22 10 2009

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Recension pour nonfiction.fr de l’ouvrage Recherche le peuple désespérément de Gaël Brustier & Jean-Philippe Huelin, Bourin Editeur, 2009, 120 pages, 17 euros.

Dans un court mais substantiel essai, deux jeunes auteurs (l’un est docteur en science politique et l’autre professeur d’histoire-géographie) que l’on devine proches du Parti socialiste, partent à la recherche du peuple perdu. Perdu par la gauche.

Pour tenter de le retrouver, ils s’appuient avec précision et pertinence sur les principales enquêtes et thèses sociologiques de ces dernières années concernant l’évolution de la stratification sociale française (« déclassement », « descenseur social », « égalité des possibles », « désordres du travail », « condition ouvrière»…) (1) et rappellent, utilement, les résultats électoraux de la gauche dans les milieux populaires lors des derniers scrutins (2).

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L’affaire Frédéric Mitterrand ou la difficile dialectique du populisme

12 10 2009

3942117905_bd3ab5d77f« L’affaire Frédéric Mitterrand » ne se résume ni à un débat sur la moralité publique – un ministre peut-il le rester dès lors qu’il a raconté ouvertement avoir pratiqué le tourisme sexuel ? – ni même au bon coup politique qu’il y aurait à jouer contre un symbole clinquant de « l’ouverture » sarkozienne. Elle laisse, plus profondément, apparaître ce qui sera l’un des enjeux majeurs de l’élection de 2012 : l’usage, bon ou mauvais, du populisme à des fins électorales.

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L’horreur universitaire selon Catherine Rollot, journaliste au Monde

6 10 2009

3434715528_fa884755ee_oSi vous avez aimé les articles de Catherine Rollot, journaliste au Monde, sur le mouvement des universitaires au printemps 2009, vous allez adorer son retour à la plume en cette rentrée. Elle vient en effet de remettre l’ouvrage sur le métier en publiant dans son journal une « enquête » (sic) intitulée « les soutiers de l’université » (mardi 6 octobre 2009, p. 17). Le sujet ? Les « précaires » de l’enseignement supérieur, ces vacataires, attachés temporaires d’enseignement et de recherche (ATER), CDD et autres « non titulaires » qui peuplent les universités françaises. Le sujet est d’importance et la situation de nombre de ces « précaires » particulièrement difficile. Lisez la suite de cette entrée »





Le projet social-démocrate est historiquement achevé

30 09 2009

3902342858_effddb6f8fDans un chat sur LeMonde.fr, mardi 29 septembre, Laurent Bouvet, professeur de science politique à l’université de Nice, revient sur la crise de la sociale-démocratie en Europe. Tiraillée entre la gauche et le centre, la sociale-démocratie peut utiliser la carte du Parti socialiste européen pour sortir de sa crise structurelle, estime-t-il.

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L’hypothèque Royal n’est (toujours) pas levée

22 09 2009

440922515_ce0a71cc7dSégolène Royal vient de vivre une semaine politique difficile, une de plus. Alors qu’elle avait réussi une rentrée fracassante en lançant la fronde contre la taxe carbone, elle semble avoir moins bien choisi son terrain lorsqu’elle a saisi au bond la balle lancée par les journalistes d’Europe 1, Antonin André et Karim Rissouli, auteurs de Hold-uPS, arnaques et trahisons (Editions du Moment). Elle a déclenché un tir de barrage dans son parti comme on en avait pas vu contre elle depuis le calamiteux congrès de Reims en novembre 2008. En effet, personne au PS, y compris parmi ses soutiens d’alors, n’a envie de voir porter devant la justice les arrangements internes avec la démocratie qui sont d’usage dans ce parti depuis des lustres.

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Réforme de l’université : l’autonomie à la française

17 09 2009

3821134165_55088f77e0_oLe président de la République française, Nicolas Sarkozy, a fait de la réforme de l’enseignement supérieur et de la recherche une des priorités de son mandat (2007-2012). Il l’avait clairement annoncée pendant sa campagne et s’emploie depuis son élection à la mettre en œuvre. La nécessité d’une réforme d’ampleur qui aille au-delà des quelques ajustements réalisés ces dernières années (notamment le passage au système européen du LMD dans les années 2000) avait d’ailleurs été soulignée par tous les grands candidats à l’élection présidentielle de 2007.

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La social-démocratie fait-elle partie du passé ?

14 09 2009

3902339946_89d2b96d18Débat dans le journal L’HUMANITE entre Laurent Bouvet, professeur de sciences politiques à l’université de Nice Sophia-Antipolis ; François Delapierre, délégué général du Parti de gauche ; Serge Wolikow, professeur d’histoire contemporaine à l’université de Bourgogne.

En quelques mots, pouvez-vous définir la social-démocratie ? Quels en sont les principes fondamentaux ?

Laurent Bouvet. La social-démocratie est difficile à saisir, car c’est à la fois une forme d’organisation partisane (les partis sociaux-démocrates de l’Europe du Nord sont étroitement liés aux syndicats), un « régime » institutionnel de gestion des relations entre capital et travail dans le cadre national (le fameux « compromis » social-démocrate de l’après-Seconde Guerre mondiale) et, dans son acception la plus large, une « voie » empruntée par une partie du mouvement socialiste (différente notamment de celle du communisme) qui accepte le réformisme comme méthode (plutôt que la révolution), la régulation de l’économie de marché par la puissance publique comme programme (plutôt que l’appropriation collective des moyens de production) et la démocratie politique comme cadre d’exercice du pouvoir (plutôt que la dictature du prolétariat). La social-démocratie a triomphé historiquement des autres voies socialistes partout en Europe. Les membres des partis socialistes, travaillistes ou sociaux-démocrates stricto sensu s’autodésignent d’ailleurs aisément aujourd’hui comme « sociaux-démocrates » alors que l’appellation est longtemps restée un reproche quand elle n’était pas simplement une insulte à gauche – le social-démocrate ayant longtemps fait figure de social traître. Elle continue même d’exister comme forme d’organisation partisane en Scandinavie et en Allemagne, même s’il ne s’agit plus du modèle « pur » de la grande époque des années 1950-1960. En revanche, le « compromis » social-démocrate a lui été profondément remis en question par la révolution néolibérale des années 1980. La social-démocratie a, à la fois, réussi son pari politique, réalisé son projet historique, et… échoué face au libéralisme – soit parce qu’elle n’a pas su lui résister, soit parce qu’elle en a délibérément épousé les contours (social-libéralisme).

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Obama : homme de principes et de compromis sur la santé

10 09 2009

3905269717_696e20fe03_bDans son discours au Congrès, le mercredi 9 septembre, le Président américain, Barack Obama, a pris clairement et fermement position sur la réforme de santé qu’il souhaite tout en laissant ouverte la porte aux négociations sur ses modalités.

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Le (tout) petit emprunt de la commission Juppé-Rocard à la gauche

31 08 2009

487904392_0b8098fd0c_mLa composition de la commission sur le grand emprunt, co-présidée par Alain Juppé et Michel Rocard, témoigne d’une nouvelle tentative – et d’une nouvelle réussite… – de Nicolas Sarkozy de déstabiliser le PS. On y trouve en effet des personnalités socialistes plus ou moins éminentes qui vont, comme chacun en a désormais pris l’habitude visiblement, jouer le matin dans les réunions de cette commission les utilités d’un pouvoir qu’elles prétendent combattre l’après-midi dans d’autres réunions.

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Alliances : le PS doit choisir

28 08 2009

1524362658_baec4b78ac_sLes socialistes sont incorrigibles. Alors qu’ils ne sont même pas encore officiellement « rentrés », ils ont déjà trouvé un nouveau sujet de division : les alliances électorales. « Nouveau » n’est bien évidemment pas le terme qui convient tant la question est ancienne et récurrente. Mais ses contours se redessinent désormais rapidement, à mesure qu’approchent les échéances électorales de 2010 et surtout 2012.

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